Deux pour cent et demi. C'est la baisse que le Bel 20 a enregistrée hier, à la clôture des marchés boursiers. La veille, l'indice belge avait déjà cédé 2,82 pc, malmené par des investisseurs inquiets d'une possible récession aux Etats-Unis. Il est vrai que cette éventualité est de plus en plus présente dans l'esprit des observateurs du monde financier. Mardi, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, avait d'ailleurs signalé que, selon lui, il y avait un peu plus d'une chance sur deux que l'économie américaine entre en récession.

Hier, les nombreuses inquiétudes à ce sujet ont encore lourdement pesé sur les marchés, notamment en Asie. En début de matinée, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé sur une très forte chute de 3,35 pc, au plus bas depuis octobre 2005, tandis que Hong Kong a dévissé de 5,4 pc. En Europe, la séance a mal débuté, les investisseurs s'alignant sur la tendance baissière de New York la veille au soir. Mardi, l'indice Dow Jones avait clôturé en recul de 2,17 pc. Mais hier, en milieu d'après-midi, les indices boursiers européens ont repris de la hauteur, profitant d'informations rassurantes émanant de la banque JP Morgan. Mercredi, cette dernière a annoncé des dépréciations d'actifs à hauteur de 1,3 milliard de dollars (lire en page 34). La banque a tout de même dégagé un bénéfice, ce qui a rassuré les investisseurs après les chiffres catastrophiques annoncés par Citigroup la veille ("LLB", 16/01). Le titre JP Morgan a d'ailleurs nettement rebondi dès l'ouverture de Wall Street, accentuant ensuite son avance.

Toutefois, ces nouvelles rassurantes n'ont pas suffi. Vers 15 h 30, les marchés européens sont repartis nettement à la baisse, la tendance générale étant plutôt baissière à l'ouverture de la Bourse de New York. Londres a finalement perdu 1,37 pc, Francfort 1,25 pc et Paris 0,48 pc. Ces places financières ont ainsi retrouvé au mieux leur niveau d'août dernier, au plus fort des craintes sur la crise des crédits hypothécaires à risque ("subprime").

Décision anticipée de la Fed ?

En outre, sur le marché des changes, le dollar s'est replié face à l'euro et a atteint son plus bas niveau face au yen depuis deux ans et demi. En cause, des rumeurs d'une éventuelle réunion d'urgence de la Réserve fédérale américaine (Fed). Mais ce mouvement n'a pas duré : peu après 16 h, le dollar est nettement remonté face à l'euro. Notre devise est même retombée sous la barre de 1,46 dollar vers 17 h, à la suite de commentaires de deux membres de la Banque centrale européenne (BCE) laissant entendre que celle-ci pourrait abaisser ses taux.

Mais dans l'immédiat, les regards se tournent vers Washington où le comité de politique monétaire de la Fed se réunira les 29 et 30 janvier prochains. A moins qu'il n'intervienne plus tôt...

(avec AFP)