Quand on parle de matières premières au sens large, cela comprend à la fois le pétrole, les minerais précieux et de base ainsi que les produits agricoles. Un éventail assez large qui semble offrir de belles perspectives, selon Ian Henderson, Fund Manager chez JP Morgan Asset Management.

Selon vous, les matières premières offrent de belles opportunités en termes d'investissement. Quelles sont ces opportunités ?

On constate que, dans le secteur des matières premières, l'offre est globalement limitée, alors que la demande est en forte croissance. A cela s'ajoute l'impact de la croissance des pays émergents : 55 pc des matières premières mondiales (hors pétrole) sont consommées par les pays émergents. La Chine manque drastiquement de charbon et, dans beaucoup de pays, les stocks de grains ont atteint les seuils les plus bas, et il faudra plusieurs années pour augmenter les surfaces cultivables. La population mondiale ne cesse de croître et toutes les matières premières font l'objet d'une forte demande pour assurer ce développement. Le dragon a faim et continue à grandir ! Si le pétrole est actuellement sous les feux de la rampe, les prix de l'or et du cuivre sont également sous pression en raison d'une forte demande. Nous pensons dès lors qu'il y a des opportunités d'investissement à saisir dans ce domaine. En ce qui concerne l'or, par exemple, il a toujours été considéré comme une valeur refuge et, en ces temps de récession, il bénéficie de la situation de faiblesse des marchés. Pour le pétrole, la demande continue à augmenter malgré la hausse des prix. Une nouvelle opportunité s'ouvre également du côté des matières premières alimentaires en raison du développement des pays émergents.

Comment votre fonds tire-t-il parti de ces opportunités ?

Le fonds JP Morgan Global Natural Ressources Fund investit dans des actions de sociétés concernées par ce développement des matières premières. Il n'investit pas directement dans les matières premières elles-mêmes. Nous privilégions également l'investissement dans les petites et moyennes capitalisations pour lesquelles nous avons développé une bonne expertise. Nous recherchons des sociétés actives dans la production ou l'exploration qui n'en sont qu'au début de leur développement. Nous recherchons également des sociétés plus avancées dans leur développement mais sous-évaluées. Il s'agit d'un fonds très flexible dont les composantes évoluent en fonction de l'évolution des matières premières qui n'évoluent pas à l'unisson. A la fin février, nous privilégiions, à concurrence de 36 pc du portefeuille, les sociétés aurifères et les métaux précieux. Les métaux de base représentaient 25 pc du portefeuille et l'énergie 28 pc, le solde se répartissant entre les autres matières premières et les liquidités. Si les opportunités existent sur ce marché, nous devons cependant rester très flexibles pour pouvoir faire évoluer le portefeuille vers certaines matières premières au détriment d'autres en fonction de l'évolution des marchés et de la demande.