La Belgique est un acteur majeur dans le développement du nucléaire médical. Un savoir-faire pourtant encore peu reconnu chez nous et à l’étranger. Rad4med.be veut remédier à cette situation en regroupant les principaux acteurs du secteur. H istoriquement précurseur dans le domaine, la Belgique est à l’heure actuelle l’un des leaders du secteur, qui emploie près de 5 000 personnes dans notre pays. Très peu connu du grand public, le nucléaire médical a pourtant un rôle de premier plan dans la lutte contre le cancer notamment. La radioactivité intervient en effet tant dans le diagnostic, grâce à l’imagerie médicale, que dans la guérison du cancer, au travers de médicaments à base de substances radioactives. "Nous avons des connaissances énormes, et pourtant, on en parle peu", regrettait il y a peu, Jean-Michel Vanderhofstadt, directeur d’IRE, une société belge active dans la médecine nucléaire. Un constat à l’origine de la création, en janvier 2013, de Rad4med.be. Le réseau a en effet pour vocation de rassembler et de promouvoir le savoir-faire belge en la matière. "Le savoir est là. Nous faisons tout ou presque en Belgique, de la production de la matière radioactive jusqu’au traitement du patient, en passant par la fabrication des médicaments et le transport de ceux-ci. Il faut poursuivre dans ce sens et avoir plus de visibilité", explique Richard Zimmerman, l’un des fondateurs de Rad4med.be.

Formation et innovation

Pour en arriver à la position qu’elle occupe actuellement, la médecine nucléaire belge a depuis longtemps noué des partenariats entre universités et industries pharmaceutiques. Bien implanté en Belgique, le secteur, dispersé, a voulu poursuivre sa progression en se rassemblant au sein d’un même réseau. Rad4med représente déjà près de 50 acteurs actifs dans le domaine, quelques mois seulement après sa création. Le réseau ne compte pas pour autant en rester là et mise sur l’innovation pour attirer de nouvelles sociétés porteuses d’emploi. "Il y a encore plein de choses à découvrir. La collaboration entre universités et industries permet de créer des nouvelles technologies, qui, elles-mêmes, permettront à de nouvelles entreprises d’émerger", souligne Richard Zimmerman. Avec près de 300 experts de la médecine nucléaire, la Belgique est, en effet, à la pointe de l’innovation et un des principaux contributeurs de la recherche dans le domaine. Une position qui passe par la qualité de la formation en Belgique. Indispensable pour M.Zimmerman : "Pour montrer aux politiques qu’on est présent, il faut continuer à former des experts afin de poursuivre la recherche dans le nucléaire médical."

Attirer les investisseurs étrangers

Se structurer autour d’une même organisation, c’est également bénéficier d’une meilleure image à l’étranger. Sous l’impulsion de l’IRE qui a établi des partenariats avec la Chine depuis maintenant deux ans, Rad4med a également l’ambition de proposer une offre complète aux investisseurs étrangers. "Même si nous sommes à la pointe dans le domaine, nous n’étions encore que trop peu rassemblés, alors que les autres pays avaient déjà leurs brochures. Grâce à Rad4med, la Belgique possède maintenant un interlocuteur unique qui représente tout ce qui se fait en Belgique dans la médecine nucléaire", confirme Frédéric Druck, directeur des relations internationales de Biowin, le pôle de compétitivité wallon de la santé, qui fait partie de Rad4med.

S’exporter ne signifie pas pour autant délocaliser. Il s’agit en effet de développer le savoir et l’économie belges grâce aux investissements étrangers. La première étape du processus commence le 23 octobre. Rad4med accompagne en effet la mission princière à Johannesburg, avec, à la clé, l’espoir de faire connaître au niveau mondial l’excellence belge dans la médecine nucléaire.B.L (st.)