La compagnie pétrolière norvégienne Statoil va reprendre les activités hydrocarbures de sa compatriote Norsk Hydro pour former un champion national, "leader mondial de la production offshore", dans une transaction estimée à 23 milliards d'euros. Numéros un et deux des hydrocarbures en Norvège - le troisième exportateur mondial de pétrole -, les deux groupes donneront naissance à une société qui devrait produire 1,9 million de barils équivalent-pétrole par jour (bep/j) en 2007 avec des effectifs de 31 000 personnes, ont-ils annoncé lundi.

L'Etat au premier rang

La nouvelle entité, bientôt rebaptisée, sera dans un premier temps détenue à 62,5 pc par l'Etat norvégien. "L'industrie fait face à de plus en plus de défis dans le monde. Fusionner maintenant a énormément de sens", ont estimé Jan Reinaas et Jannik Lindbaek, présidents des conseils d'administration de Norsk Hydro et de Statoil, dans un communiqué conjoint.

En pratique, il s'agit d'une prise de contrôle par les actionnaires de Statoil qui détiendront 67,3 pc de la nouvelle entité, ceux de Norsk Hydro recevant 32,7 pc. Selon le magazine spécialisé "Upstream", les termes retenus valorisent la nouvelle compagnie à environ 575 milliards de couronnes (70,6 milliards d'euros), la part revenant aux actionnaires de Norsk Hydro ressortant à 188 milliards (23 milliards d'euros). Le directeur général de Statoil, Helge Lund, devrait occuper le même poste dans le nouveau groupe tandis que son homologue de Norsk Hydro, Eivind Reiten, devrait prendre la présidence du conseil d'administration. L'action Norsk Hydro a bondi à la Bourse d'Oslo, clôturant en hausse de 20,64 pc, à 188 couronnes. Dans le vert durant l'essentiel de la séance, le titre Statoil a fini en baisse de 1,73 pc, à 170 couronnes. La future entité sera le principal producteur d'hydrocarbures offshore, loin devant l'anglo-néerlandais Shell, le brésilien Petrobras et le britannique BP. Tous hydrocarbures confondus, à terre et en mer, les leaders d'Europe de l'ouest demeurent le Britannique BP, Shell et le français Total, le numéro mondial étant l'américain ExxonMobil.

Le gouvernement de gauche a apporté son soutien à l'opération qui devrait être bouclée au troisième trimestre 2007. "C'est le début d'une nouvelle ère", a réagi le Premier ministre Jens Stoltenberg. A terme, l'Etat devrait relever à 67 pc sa part dans la nouvelle compagnie. Il est déjà le principal actionnaire de Statoil et de Norsk Hydro, dans lesquels il détient 70,9 et 43,8 pc. Patronat, syndicat et plusieurs partis d'opposition se sont dits favorables à la fusion. "Cela a l'air très positif", a déclaré Leif Sande, le président du syndicat IE Industri Energi. Côté patronal, Per Terje Vold, le directeur de l'organisation OLF, a fait valoir qu'"ensemble, Statoil et Hydro seront un moteur dans l'industrie norvégienne et internationale". Confrontés à l'amenuisement de leurs ressources sur le socle continental norvégien, Statoil et Norsk Hydro ont tenté ces dernières années de se tourner vers l'international.

La décision du géant russe Gazprom de développer seul son champ de Chtokman, le plus grand gisement offshore de gaz au monde, a toutefois été un coup de massue pour les compagnies, considérées jusqu'alors comme parmi les mieux placées. (AFP)