Jean-Marie Messier, le patron déchu de Vivendi Universal (VU), a montré hier lors d'un déjeuner au cercle de Lorraine qu'il a le sens de l'humour, voire de l'autodérision. Il n'a pas oublié le surnom donné par les «guignols de l'info» de J 6M (pour Jean-Marie Messier Moi-Même Maître du Monde), qui renvoyait à J 2M, ses initiales aux couleurs de la Nouvelle économie. Une de ses «erreurs», a-t-il dit, fut d'oublier que celui qu'il aimait «est J 2M et pas J 6M». Il a aussi sans doute été «trop franc à défaut d'être trop français». Il a aussi cru, comme en général les patrons, qu'il avait du temps. Et puis arrivent des événements comme les attentats du 11 septembre ou le scandale Enron. Cette conjonction d'éléments a fait qu'il s'est retrouvé «au milieu du gué». Et puis, a-t-il ajouté, «avoir raison trop tôt, c'est avoir tort». Car, comme l'a dit Didier Bellens, le patron de Belgacom, lors du «speech» d'introduction, Jean-Marie Messier, fut le «premier à développer la stratégie de la convergence» entre des secteurs comme les médias et les télécoms.

«La convergence est une vraie lame de fond», a enchaîné J 2M. Et cela pour plusieurs raisons: la forte pénétration du haut débit, l'ubiquité dans la vie quotidienne, les technologies digitales. Et d'annoncer «des bouleversements encore à venir».

Selon lui, il y a des convergences entre le fixe et le mobile, entre le contenu et le contenant, entre les médias et le web. Mais, cette fusion ne suffit pas. Le «milliardaire de demain» sera celui qui saura faciliter la vie du consommateur.

J 2M semble donc bien résolu à regarder le futur plutôt que le passé. Il a créé il y a près de deux ans son entreprise «Messier partners», spécialisée dans le conseil aux entreprises.

«En 20 ans, j'ai vécu ce que beaucoup n'ont jamais vécu en 50 vies», estime-t-il.

Il s'était donné quelques principes pour gérer son échec: « ne pas être parano en croyant que tout le monde vous en veut, ne pas vouloir prendre sa revanche si ce n'est via le succès»...

© La Libre Belgique 2006