L'année 2006 s'est avérée éblouissante pour les métaux qui ont tous affiché des prix record - avec des hausses allant de 20 à 160 pc - et qui se sont taillé une place prépondérante dans le portefeuille des investisseurs. L'ampleur de la montée en a surpris plus d'un, d'autant que les métaux avaient déjà fort progressé les trois années précédentes.

Frénésie généralisée

Les deux meilleures performances de l'année, toutes matières premières confondues, sont revenues au nickel et au zinc, qui ont pris respectivement 160 et 130 pc, atteignant les prix jamais vus de 34 500 dollars et 4 580 dollars la tonne. Le cuivre et l'aluminium ont dépassé 8 000 et 3 000 dollars la tonne et atteint des records historiques, comme le plomb et l'étain.

La tendance s'explique, selon les experts, par une équation parfaite entre demande vigoureuse sur fond de croissance mondiale robuste, parfois spectaculaire (en Chine, toujours avide de matériaux de construction), problèmes d'approvisionnement (grèves de mineurs, délais de mise en service d'infrastructures...) et stocks mondiaux à des plus bas historiques.

Les métaux de base ont d'autant moins échappé à la frénésie généralisée des investisseurs pour les matières premières que les fondamentaux offraient une solide garantie contre les caprices de la spéculation. Côté métaux précieux, avec un pic à plus de 730 dollars l'once en mai, l'or est revenu à des niveaux plus vus depuis 26 ans et demi. Sa qualité de refuge contre le risque géopolitique n'a pas été déterminante mais le métal jaune a été acheté par les banques centrales et les investisseurs privés désireux de se prémunir contre les risques d'inflation ou de freinage économique.

Grâce au lancement à grand succès d'un fonds indiciel à la Bourse américaine, l'argent a pris 60 pc, avec un plus haut depuis 1980 à 15,22 dollars l'once. Les rumeurs de lancement d'un fonds similaire pour le platine ont propulsé ce métal à des records historiques à la mi-novembre, à 1 402,50 dollars l'once.

Qu'en sera-t-il en 2007 ? Le possible ralentissement de l'économie américaine et ses effets sur la demande mondiale sont un point d'interrogation majeur pour les matières premières. D'après les experts, les métaux de base résisteront relativement bien à ces vents de face à condition que la Chine et d'autres pays asiatiques en expansion prennent le relais des Etats-Unis, une hypothèse plus que probable. Par ailleurs, l'équilibre précaire de l'approvisionnement devrait limiter un repli des cours.

Toujours est-il que le prix du cuivre, qui, en mai dernier, battait des records historiques, a glissé à ses plus bas niveaux depuis neuf mois, sur un marché redoutant en 2007 un ralentissement économique susceptible de créer un excédent d'offre. Sur le London Metal Exchange, le prix d'une tonne de cuivre pour livraison dans trois mois a reculé jusqu'à 5 625 dollars, son plus bas niveau depuis le 5 avril 2006. Pas plus tard que le 11 mai dernier pourtant, le cuivre atteignait un plus haut historique, à 8 800 dollars la tonne, sur fond de baisse des stocks disponibles et de déficit mondial de production. Les vendeurs y voient le début d'une tendance de long terme.

De l'avis général, le talon d'Achille des matières premières cette année sera l'attitude des investisseurs qui pourraient bien leur tourner le dos...

(avec AFP, Reuters)

© La Libre Belgique 2007