Ryanair va réduire la voilure à l'aéroport de Bruxelles-National en réaction au durcissement des normes de bruit de la région bruxelloise. « Si rien ne change, un million de passagers potentiels ne viendront pas à Bruxelles », menace M. O'Leary.

« Les hommes politiques font souvent des choses stupides et folles : cette réglementation du bruit à Bruxelles en fait partie ». Dans son style particulier, Michael O'Leary, le patron de la compagnie low cost Ryanair, a clairement montré son mécontentement par rapport au durcissement des limitations de bruit des avions voulu par la région bruxelloise. Pour rappel, à partir de ce 22 février, Bruxelles va appliquer la tolérance zéro aux avions trop bruyants survolant son territoire, sous peine d'amendes salées. « Cela pose un gros problème pour nos avions qui décollent avant 7h du matin et sont plus lourdement punis, explique M. O'Leary. Nous avons calculé qu'en moyenne, ils devront payer 6000 euros par vol. Or un vol moyen nous rapporte 5000 euros, donc économiquement cela ne sera pas tenable ».

Concrètement, Ryanair a déjà réussi à changer d'horaire une partie de sa cinquantaine de vols hebdomadaires partant avant 7h du matin à partir du mois de mars. « Mais si cette réglementation est maintenue, nous devrons supprimer une dizaine de vols par semaine dès le mois prochain », fait-on savoir au sein de la compagnie.

Plus inquiétant pour l'aéroport : la compagnie irlandaise a annoncé geler tout nouvel investissement à Zaventem tant que cette réglementation sera maintenue. « Nous avions proposé un plan à l'aéroport pour pouvoir, en un an, transporter 3,6 millions de passagers contre 2,6 millions actuellement », poursuit M. O'Leary. On ne le fera pas tant que cette loi sur le bruit ne bouge pas. Ce sont donc 1 million de passagers potentiels qui ne viendront pas à Zaventem si la Belgique ne trouve pas une solution normale à ce problème. Cela va coûter cher au pays, économiquement et d'un point de vue de l'emploi », conclut le patron irlandais.