Le décès accidentel d'Edouard Michelin, survenu vendredi, a mis sous pression le titre du numéro un mondial des pneumatiques hier à la Bourse de Paris. En clôture, Michelin a toutefois ramené sa perte à 0,49 pc, pour un prix de 50,95 euros.

Les analystes se montraient confiants dans les capacités de Michel Rollier à gérer la période de transition. Le co-gérant du groupe avait annoncé samedi qu'il assumerait la continuité à la tête du manufacturier dans le cadre d'orientations «claires et inchangées». Certains estiment toutefois que le décès d'Edouard Michelin, consécutif au naufrage du bateau de pêche «Liberté» à l'ouest de l'île de Sein, ouvre une période d'incertitude pour le groupe. «Aucun membre de la famille parmi les cinq frères et soeurs ne semble à même de succéder à Edouard», expliquent dans une note les analystes d'une maison de courtage parisienne.

«La succession ultime pourrait être délicate car la position de PDG est traditionnellement assurée par un membre de la famille Michelin», expliquait dans une note Petra Horn, analyste chez Exane BNP Paribas, évoquant également «la structure légale rare» du groupe, celle de société en commandite par actions. Celle-ci concentre en effet le pouvoir décisionnel aux «associés commandités» et limite l'influence des actionnaires, expliquait Mme Horn, même si elle a jusqu'ici garanti la stabilité du groupe, soulignait-elle.

Quant à Michel Rollier, Petra Horn soulignait «sa profonde connaissance du groupe» Michelin et le fait qu'il est «bien connu de la communauté financière» parce qu'il a occupé le poste de directeur financier de 1999 à 2005. Des analystes soulignaient également «la bonne forme» du groupe, et le fait que sa stratégie a déjà été clairement impulsée et programmée par Edouard Michelin.

© La Libre Belgique 2006