Mise à mort programmée (Sabena 5/6)
© BELGA

Entreprises & Start-up

Mise à mort programmée (Sabena 5/6)

Vincent Slits

Publié le - Mis à jour le

Le vendredi 2 novembre marque la fin des derniers espoirs de la Sabena. Christoph Müller reçoit un message de... Rod Eddington, patron de British Airways. “British Airways nous a fait savoir à ce moment-là qu’il était hors de question pour elle de venir à la rescousse de la Sabena. La compagnie britannique avait une peur bleue de voir dégringoler son cours si les contacts avec Sabena faisaient l’objet d’une fuite dans la presse”, nous explique un membre du dernier conseil d’administration. Cette dernière piste étant restée vaine, Anne Spiritus-Dassesse, présidente du tribunal de commerce de Bruxelles, lance un ultimatum clair aux administrateurs de la Sabena: s’ils ne prennent pas les devants en faisant aveu de faillite d’ici au 6 novembre, la justice s’en chargera.

Le conseil d’administration de la Sabena est coincé. La mise à mort est programmée le 6 novembre 2001, histoire d’éviter un chaos durant les vacances de Toussaint. Le dernier conseil d’administration de l’histoire de la Sabena est convoqué à 18 heures précises. Il faut aller vite, un conseil d’entreprise est convoqué dans la foulée, puis une conférence de presse. Lieu du rendez-vous: Sabena House, l’Hof ter Musschen étant occupé par les membres du personnel de la compagnie belge. Mais nouveau rebondissement: quelques heures seulement avant le conseil d’administration, Pierre Klees, patron de l’aéroport, téléphone à Patrick du Bois. “Il faut éviter à tout prix de tenir ce conseil à Sabena House.

Ce serait perçu par le personnel comme une véritable provocation. Je crains pour la sécurité de l’aéroport. Il faut tenir votre réunion à un autre endroit”, lui dit-il en substance. La course contre la montre est alors entamée pour trouver un endroit susceptible d’accueillir les administrateurs. Le choix se porte sur l’Holiday Inn de Diegem. Pour rassurer les gestionnaires de l’hôtel, Patrick du Bois paie d’avance la location de la salle avec sa carte de crédit. L’ambiance au conseil d’administration? “Il y avait un mélange de tristesse et de soulagement. Nous avions tous le coeur gros, mais nous savions que la faillite était la seule issue possible”, explique un proche du dossier.

Outre l’aveu de faillite, le conseil d’administration se penche sur la question du transfert des “slots” de la Sabena à sa filiale DAT, condition indispensable au redéploiement d’une activité aérienne. Tout cela se fait sous l’oeil vigilant des commissaires aux sursis, nommés par Anne Spiritus-Dassesse. Enfin, les administrateurs placent l’État, actionnaire majoritaire de la Sabena, devant ses responsabilités: il faut accoucher d’un plan social digne de ce nom pour les milliers de Sabéniens qui resteront sur la touche.

Pour lire la suite, cliquez ici

A lire également

Libre ECO

Immobilier pour vous