Mithra, la biotech liégeoise spécialisée en santé féminine, a publié des résultats 2020 mitigés ce mardi, au lendemain de l’annonce de l’approbation au Canada de la commercialisation de sa pilule contraceptive Estelle, qui devrait commencer l’été prochain. Une nouvelle qui devrait pour sa part gonfler un peu les chiffres de 2021 et renflouer les caisses. “Sur la base des contrats signés pour Estelle, Mithra devrait percevoir plus de 300 millions d’euros de revenus d’étapes de licence au cours des prochaines années”, annonce l’entreprise.

Elle tient néanmoins à rassurer pour ces chiffres de l’année écoulée. Elle précise d’ailleurs avoir terminé son exercice avec une trésorerie record de 138,7 millions d’euros. “En 2020, et ce malgré la survenue du Covid-19, Mithra est parvenue à consolider fortement sa situation financière grâce à diverses opérations de financement pour un montant total de 260 millions d’euros, signant au passage l’une des plus importantes levées de fonds dans le secteur biotech belge” précise d’ailleurs Leon Van Rompay, le CEO intérimaire qui a pris la place de François Fornieri, le fondateur, le temps qu’il règle ses histoires avec la justice.

“Les investisseurs ont à nouveau clairement manifesté leur confiance et leur intérêt dans le potentiel de notre entreprise, et plus particulièrement de son actif phare, l’Estetrol, reconnu nouvelle substance active par l’Agence européenne des médicaments”, a-t-il ajouté.

“Ce niveau de trésorerie historique nous a également permis d’assurer la bonne continuation du programme clinique de phase III de Donesta dans les conditions sanitaires que l’on connaît. Elle nous place dans une situation idéale pour négocier sans hâte un deal de commercialisation global pour ce produit candidat destiné au marché croissant de la ménopause”, continue le CEO.

L'action grimpe

Les revenus de Mithra n’ont quant à eux atteint que neuf millions d’euros, contre 96,5 millions d’euros en 2019. "La diminution du chiffre d’affaires reflète la stratégie de développement commercial de Donesta, qui progresse bien, visant à cibler des partenaires mondiaux majeurs. Parallèlement, nous générons davantage de données dans le cadre de l’essai de Phase III afin de pouvoir conclure un accord d’une valeur supérieure", justifie l’entreprise.

Son Ebitda (résultat avant paiement des intérêts, impôts et prise en compte des dépréciations d’actifs et des amortissements) s’élève à -73 millions d'euros, contre 32,7 millions d’euros en 2019.

“Comme attendu, cette baisse s’explique principalement par la diminution des revenus collectés en 2020 par rapport à 2019, qui était une année record grâce aux revenus de licence liés aux accords de partenariat pour Estelle avec Mayne Pharma, Gedeon Richter et Searchlight. En plus de revenus moins importants, les dépenses de R&D (recherche et développement, NdlR) ont augmenté de 38 % en raison de la montée en puissance du programme clinique de phase III de Donesta et de l’étude Covid”, explique encore l’entreprise, même si on a très peu de détails sur ce dernier point.

Enfin, Mithra affiche une perte nette de plus de 92 millions d’euros, contre une perte de 26,5 millions d’euros un an plus tôt.

L’action du groupe a pour sa part continué sur sa montée de la journée précédente puisqu’elle a pris plus de 6 % à l’ouverture de la bourse ce mardi matin.