Marc Coucke, le célèbre entrepreneur flamand, a décidé de quitter la présidence et le conseil d’administration de la biopharma Mithra, apprend-on ce mardi. Il conservera cependant des actions de l’entreprise.

Mithra, cofondée et dirigée par le liégeois François Fornieri, est spécialisée dans les moyens de contraception et développe, entre autres, la pilule Estelle, qui devrait être commercialisée en 2021 et avait attiré l’attention de nombreux investisseurs.

Selon François Fornieri, cette pilule serait moins problématique que ses concurrentes sur la coagulation, donc elle réduirait le risque de thrombo-embolie veineuse et n’aurait pas d’impact sur la glande mammaire.

Pourtant, alors que la commercialisation est proche, le cours de l’action reste faible (même si elle a pris 4,15% à la clôture ce mardi) et Mithra a du mal à faire rentrer des capitaux. C’est sans doute pour cela que l’entreprise a décidé de renouveler près de la moitié de son conseil d’administration, en attirant des personnalités du domaine pharmaceutique mais aussi des commerciaux reconnus.


Concrètement, les nominations d'Ajit Shetty (ancien président de Janssen Pharmaceutica), de Patricia van Dijck (directrice chez GSK), d'Eric Van Den Eynde (CEO sortant d'ING Belgique), de Stijn Van Rompay (CEO de la société pharma Hyloris), de Koen Hoffman (CEO de Value Square et ex CEO de KBC Securities), de Gaëtan Servais (CEO du fonds d'investissement Noshaq), de Jean-Michel Foidart (secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Médecine), de Christian Moretti (ex-PDG de PCAS Biosolution) et de François Fornieri, CEO de Mithra, seront proposées à l'approbation d'une assemblée générale extraordinaire. Ajit Shetty sera le candidat proposé à la présidence du conseil renouvelé.

Jean Stéphenne, ancien CEO de GSK Biologicals, devait également intégrer le CA à partir de la mi-2021.

Pour Patrick Casselman, senior equity specialist chez BNP Paribas Fortis, ce nouveau conseil d’administration pourra apporter de l’expérience et des réseaux. "Ce qui est important, car Mithra, active dans la recherche et le développement, se transforme de plus en plus en société commerciale. Ce sera un atout pour les accords de collaboration ainsi que la mise en place de réseaux commerciaux", commente-t-il. "La difficulté, c’est toujours le financement pour les biopharma et la commercialisation nécessite beaucoup de moyens", ajoute-t-il.

S’il est difficile de se prononcer sur une éventuelle augmentation de capital, on peut dire que celle-ci pourrait à la fois mécontenter les actionnaires actuels qui verraient une dilution potentielle plus importante des bénéfices futurs. Cependant, cela permettrait d’assurer la santé financière et la commercialisation des produits Mithra. "On ne sait pas encore quels sont les plans stratégiques, mais le départ de Marc Coucke, qui a beaucoup d’autres business, n’est pas forcément une mauvaise chose et je ne pense pas qu’il y ait de problème à relever. D’ailleurs, il conserve un rôle important et reste le deuxième plus grand actionnaire, avec près de 15% des actions", conclut Patrick Casselman, assez confiant sur l’avenir de Mithra.