Mittal Steel, le groupe sidérurgique néerlandais qui a lancé une offre sur Arcelor, a accusé celui-ci de «manipuler ses actionnaires dans son propre intérêt», en réalisant avec le russe Severstal «une alliance de second ordre».

Mittal Steel, dirigé par le sidérurgiste indien Lakshmi Mittal, a réagi brièvement vendredi à l’annonce par Arcelor d’une alliance avec le russe Severstal qui verra le PDG et propriétaire de Severstal, le jeune milliardaire Alexeï Mordachov, devenir de très loin le premier actionnaire du nouveau groupe avec une part d’environ 32%.

«Les actionnaires d’Arcelor sont forcés de céder le contrôle de leur entreprise, sans obtenir de prime. Une fois encore, le conseil d’administration (d’Arcelor) semble être en train de manipuler ses actionnaires dans son propre intérêt», estime Mittal dans un communiqué.

Le choix d’Arcelor de ne faire bloquer cette transaction que «par un veto» des actionnaires «est sans précédent et empêche les actionnaires d’avoir un véritable choix pour l’avenir de leur entreprise», poursuit le communiqué.

Selon Mittal en effet, le rapprochement Arcelor-Severstal comprend une clause selon laquelle il faudra 50% de vote négatif de l’ensemble de l’actionnariat d’Arcelor pour le bloquer, et non 50% des actionnaires votants.

Le résultat de ce rapprochement serait «une alliance de second ordre», et «seule l’alliance Mittal/Arcelor, qui est en tous points supérieure, offre une véritable consolidation» du secteur, assure Mittal.

Mittal a officiellement lancé le 20 mai une offre en numéraire et actions sur Arcelor, qu’il a relevée de 34% dès le lendemain, à hauteur de 25,8 milliards d’euros.