Mittal Steel, N 1 mondial de l’acier, a déclaré mercredi qu’il était en train de gagner à sa cause les personnalités politiques européennes opposées à son offre d’achat du N 2, l’Européen Arcelor, et a présenté des bénéfices en baisse de 28% nets pour 2005. Arcelor dévoile ses résultats annuels jeudi.

Le PDG du groupe indien, Lakshmi Mittal, s’est déclaré encouragé par la réponse "majoritairement positive" des investisseurs d’Arcelor à son OPA (offre publique d’achat) de 18,6 milliards d’euros, faite le 27 janvier. Il a ajouté que les discussions devenaient plus financières, les gouvernements luxembourgeois et belge ayant désigné des banques d’investissement pour les conseiller. Le Luxembourg, principal actionnaire d’Arcelor, demeure opposé au rachat, mais la France a baissé le ton.

M. Mittal estime qu’il a persuadé les hommes politiques de voir la logique industrielle de l’accord et qu’ils commencent à en "réaliser la logique".

Le groupe a enregistré un fort recul de ses résultats au dernier trimestre et sur l’année à la suite d’acquisition et d’une hausse du coût de la matière première, selon le bilan présenté mercredi.

Mittal Steel a fait 650 millions de dollars (546,2 millions d’euros) de bénéfices nets au quatrième trimestre, soit moitié moins que pour la même période en 2004, et 3,37 milliards (2,83 mds euros) de bénéfices nets sur l’année, soit un recul de 28% par rapport à 2004. Le chiffre d’affaires a progressé de 14% à 7,1 mds dollars (5,92 mds euros) au dernier trimestre, et de 27% à 28,1 mds (23,42 mds euros) en un an.

Le groupe et les analystes estiment que les résultats ne sont pas directement comparables avec ceux de 2004 en raison des acquisitions et réorganisations réalisées par Mittal en 2005. Pour 2006, Lakshmi Mittal escompte une hausse des prix de l’acier au deuxième semestre et dont de meilleurs bénéfices.

Mittal plus Arcelor formeraient un ensemble capable de produire plus de 100 millions de tonnes d’acier par an. Arcelor, né du rapprochement en 2002 des aciers français, luxembourgeois, belge et espagnol, emploie un peu plus de 94.000 personnes - 30.000 en France, 12.500 en Belgique et 6.000 au Luxembourg dont il est le premier employeur. Mittal s’est engagé à ne pas supprimer d’emplois en cas de succès de son opération.