La Wolf est un chouette jouet utile, très puissant, et propre. Test.

Elle a un look destiné à séduire une clientèle citadine jeune, et une pêche propre à ravir les amateurs de mobilité à la fois douce en termes d’émissions de CO2, et dures, en matière d’accélérations. C’est la petite moto électrique Wolf de la marque belge Elektra EV. Ce petit monstre est dessiné comme une moto à moteur thermique, question de séduire les utilisateurs hésitants à passer à la motorisation électrique. Ce roadster silencieux équivalent 125 cm3, nécessite un permis A1. On n’est donc pas dans le cadre d’un véhicule pour débutants, puisque la machine peut propulser son utilisateur un peu au-delà des 100 km/h. À cette vitesse, toutefois, la petite taille des roues (130/70-12) et les suspensions confortables, donnent vite le sentiment d’atteindre les limites de la machine. Le cadre est rigide, la fourche assez dure, et la suspension arrière de type mono, donnent à la fois un bon débattement et une absence de torsion. La moto passe donc sans souci les casse-vitesse invisibles de nuit. Le freinage, efficace, est assuré par deux disques, avant/arrière, couplés (système CBS pour “Combined Brake System”).

Elle arrache !

Mais le grand bonheur au guidon de ce petit véhicule, c’est l’accélération qui permet, en ville, de ne jamais se laisser courser par une voiture, en restant dans les limites des vitesses autorisées, bien entendu. Lorsque le feu devient vert, la petite Wolf bondit sans un bruit pour atteindre 50 ou 70 km/h, sans effort, à l’étonnement des automobilistes. Le moteur électrique, logé dans le moyeu de la roue arrière, comme c’est le cas pour beaucoup de scooters de ce type, est puissant : 5 kW, ce qui explique la qualité des accélérations. Pourtant, 5 kW, ce n’est jamais que 6,8 CV, soit bien moins que ce que proposent les 125 cm3 thermiques. Mais on a ici des chevaux électriques, présents à chaque moment de l’accélération. Et l’accélération n’est pas interrompue par les passages de vitesses… Tout comme c’est le cas des 125 thermiques, la Wolf est capable de tenir sur autoroute, mais elle n’est pas faite pour ça. Sur les petites routes à 80 ou 90 km/h, en revanche, elle se sent très à l’aise.

Autonomie suffisante

La batterie (72V, 50 Ah, soit 3,6 kWh), logée sous le châssis, se recharge à l’aide d’un transformateur (72V 7,5A) à brancher sur une prise 220 volts classique, en un peu plus de 6 heures, si elle est totalement déchargée. En utilisation citadine, pour arriver à ce stade de déchargement, il faut avoir aligné les accélérations et avoir déjà parcouru 70 à 100 km. La consommation, assure Elektra EV, est de 3,3 kWh aux 100 km, soit 0,99 euro. Et si l’on a l’occasion de recharger au boulot ou sur base de sa production de panneaux solaires, elle est de… 0 euro. Après avoir testé l’engin en ville sur un parcours de 30 km aller/retour, en vitesse intermédiaire (il y en a trois) en roulant à l’aise, je n’ai pas pu constater de baisse inquiétante de capacité de la batterie. Par contre, lorsqu’on multiplie les accélérations en mode 3 (sport) – et c’est difficile de ne pas se laisser aller, on note une baisse régulière du niveau de charge sur le compteur LCD, pas toujours très lisible, d’ailleurs, en pleine lumière. Il est enfin possible de recharger plus rapidement (4 heures) la bête avec un chargeur en option.
Le modèle testé, en version Bêta, ne disposait pas de verrouillage à distance ni d’antivol, mais les machines disponibles à la vente en disposent, évidemment. Seul petit souci à prendre en compte dans la conduite en ville ou sur les petites routes de campagne : l’absence de bruit qui rend l’engin un peu dangereux pour les piétons qui ne l’entendent pas arriver. Il suffit d’en tenir compte, bien… entendu.
Le faux réservoir d’essence qui permet de mieux “tenir” la moto, est surmonté d’une trappe verrouillée, qui donne accès à un petit volume permettant de stocker les papiers du véhicule, le chargeur et son câblage, plus des gants et une boisson. La batterie de… 18 kg est accessible via une trappe verrouillée. Ce poids est évidemment lié à la capacité de la batterie. Il dissuade la recharge au bureau.

© D.R.

Rouler à deux ?

La Wolf est équipée de repose-pieds pour un éventuel passager, et elle peut en théorie transporter une charge de 201 kg. Mais à deux, la place assise est vraiment limitée, et le couple de 160 Nm du moteur est de nature à provoquer des wheelings inopportuns. Sinon, le niveau très bas de la batterie et du moteur donne à l’ensemble un centre de gravité très confortable. À vitesse raisonnable, la Wolf qui pèse 91 kg, se conduit pratiquement avec les hanches, avec beaucoup de souplesse et de maniabilité.
Ce que l’on peut reprocher à la Wolf, Made in China, of course ? Des matériaux un peu légers, des plastiques qui génèrent des bruits parasites et des claquements au passage d’obstacles.
Prix : 5 995 euros TVAC. Oui, c’est une somme. Mais il faut garder en tête le faible coût à l’utilisation, la fiabilité des moteurs électriques sans balais, quasi inusables, et le prix éventuel à la revente d’un véhicule de ce type. Enfin, les acheteurs qui peuvent passer par une société, y trouveront leur compte puisque l’utilisation de ce type de véhicule, assorti de tous les accessoires, gants, casque etc., est supporté par le législateur.