La vente du bâtiment de la société "Incubateur numérique wallon" (INWA), situé dans l'Axis Parc de Mont-Saint-Guibert (Brabant wallon) est en voie de finalisation. L'exécutif wallon vient de signer un compromis de vente avec le promoteur immobilier Henri Fischgrund pour lui céder le bâtiment à 6,1 millions d'euros. Selon nos informations, ce dernier devrait louer tout ou partie de l'immeuble à des investisseurs américains qui vont loger Fenwal, une filiale du groupe pharmaceutique Baxter et fournisseur de produits et de services en matière de transfusion sanguine.

Pour rappel, l'achat du terrain et la construction de l'immeuble ont coûté environ 6,6 millions d'euros. La Région wallonne enregistre donc une perte de 0,5 million d'euros. Le bâtiment dont la première pierre a été posée en mai 2004 par le ministre de l'époque Serge Kubla (MR) devait abriter l'incubateur wallon. Mais le projet visant à faire du lieu une vitrine technologique du savoir-faire wallon (numérisation et archivage de données graphiques pour l'audiovisuel et le secteur hospitalier) n'a jamais décollé. "C'est un scandale politique de l'actuel gouvernement. Je suis persuadé qu'il faut construire des incubateurs en Wallonie, même si c'est toujours risqué. J'ai lancé le projet, mais le gouvernement wallon actuel, en l'occurrence, la ministre Simonet (CDH) a mis un an pour dire qu'elle n'y croit pas", dénonce Serge Kubla.

Au cabinet de la ministre de la Recherche, des Technologies nouvelles et des Relations extérieures, on relève plutôt un mauvais choix dans le chef du bourgmestre de Waterloo. "L'erreur a été de lancer la construction d'un bâtiment à Mont-Saint-Guibert avec des caractéristiques particulières (salle blanche) sans s'assurer au préalable de l'engagement contractuel, ferme et réel d'investisseurs", rétorque Jacques Crémers, porte-parole de Marie-Dominique Simonet. Devant le fiasco, le gouvernement wallon qui investi 18 millions d'euros dans le projet INWA a réorienté les objectifs de l'incubateur. Il a été transformé en "invest" et ses missions déléguées ont été confiées à Sofipole, une structure créée dans le cadre du Plan Marshall. "La vente du bâtiment était nécessaire pour retrouver des moyens et financer des projets plutôt que des briques", explique Jean-Pascal Labille, président de l'INWA. Tout comme le capital non libéré (8,1 millions d'euros) de l'incubateur, la moitié du montant de la vente du bâtiment sera versée dans le fonds de la recherche (cabinet Simonet), le reste sera affecté à l'INWA qui est en train de finaliser un dossier (prêt et prise de participation) en matière de numérisation de films de cinéma.