Le titre Natixis s'est envolé, lundi, sur deux rumeurs, celle d'un retrait de la cote et une autre évoquant l'entrée d'un nouveau partenaire à son capital, alors que le titre a fortement souffert depuis un an à la suite de la crise du "subprime". A la clôture, Natixis affichait une hausse de 19,19 pc à 7,33 euros, dans un marché parisien en hausse de 0,80 pc. En prenant en compte la hausse de lundi, l'action de la quatrième banque française en terme de capitalisation boursière reprenait plus de 46 pc en une semaine, même si elle continuait de perdre 53 pc sur les douze derniers mois.

"Le marché donne du crédit à des rumeurs de sortie de cote", a indiqué Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert. Plusieurs analystes du secteur ont par ailleurs confirmé la circulation d'une autre rumeur sur les marchés, celle de l'entrée d'un fonds souverain au capital de Natixis. Celle-ci avait annoncé mi-juillet une levée de fonds de 3,7 milliards, dont 2,5 milliards ne sont qu'une conversion d'une avance de ses deux principaux actionnaires, les groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire. "Il ne reste donc "que" 1,2 milliard d'argent frais à lever. La seule inconnue dépend donc du prix d'émission", a expliqué Eric Vanpoucke, analyste chez Oppenheim. Lors de son annonce, Natixis n'avait pas donné d'indication à ce sujet. "L'entrée de nouveaux partenaires stratégiques, qui seraient prêts à entrer à un cours supérieur au cours de Bourse actuel, réduirait d'autant le montant des fonds à lever, la décote et donc la dilution", a indiqué Eric Vanpoucke. "Les autres minoritaires auraient alors tout loisir" de ne pas souscrire à l'augmentation de capital "mais cela enverrait un signal fort au marché sur la valeur intrinsèque de Natixis", a ajouté l'analyste.

© La Libre Belgique 2008