Patrick Maniquet est CEO de Green Energy 4 Seasons qui a installé 5 000 panneaux photovoltaïques en Région wallonne, dont 2 000 via le mécanisme du tiers investisseur. "Nos clients peuvent dormir sur leurs deux oreilles car ils ne vont pas souffrir de la révision du système des certificats verts" , assure le CEO. Selon lui, il est important de faire la distinction entre tiers investisseur et tiers payant car ces deux mécanismes n’ont pas le même impact sur le particulier. "Dans le cas du tiers investisseur, c’est l’installateur qui contracte lui-même le prêt auprès de la banque , détaille Patrick Maniquet. Un client qui signerait maintenant chez nous via le mécanisme du tiers investisseur devrait mettre 4 000 euros sur la table pour être propriétaire de ses panneaux dès le premier jour. Dans ce système, l’installateur gagne sa vie en revendant les certificats verts du particulier. Ce dernier rentabilise son investissement en épargnant sur sa facture d’électricité."

Patrick Maniquet estime que la révision du mécanisme des certificats verts aura donc un impact financier direct sur les sociétés qui, comme Green Energy 4 Seasons, contractent elles-mêmes l’emprunt pour financer les panneaux. "Nous avions basé notre business plan en tenant compte des subsides , note Patrick Maniquet. J’espère que le gouvernement va changer son projet sinon nous entamerons des poursuites." Le CEO estime que sa société a dégagé 20 millions d’euros sur les trois dernières années pour financer les panneaux de ses clients : 14 millions proviendraient d’emprunts bancaires et 6 millions des fonds propres de la société.

Le système du tiers payant différerait donc, selon lui, du mécanisme du tiers investisseur. "Dans ce cas, c’est le particulier qui contracte l’emprunt , explique Patrick Maniquet. L’installateur reçoit les certificats verts et les revend pour le compte du propriétaire. Tout va bien tant qu’il verse l’argent au propriétaire. Nous ne recourrons pas à cette procédure." Récemment, les familles qui ont fait confiance à la société Elect-Râ en ont fait les frais. Celles-ci ont été confrontées au remboursement de leur emprunt malgré le fait que la société n’honorait plus ses versements.