Parmi les nombreux ténors de l’économie internationale qui publient ces temps-ci leurs résultats semestriels, il y a le géant suisse Nestlé, qui va s’exprimer mercredi prochain, 12 août. On s’attend à une baisse de rythme, mais quand même à des chiffres encourageants. Il est vrai que le secteur alimentaire est peu sensible aux crises : dans les dépenses des consommateurs, l’alimentation sera un des derniers à être sacrifié, car il faut bien se nourrir.

En outre, Nestlé apparaît favorisé par rapport à ses pairs tels que Danone, Unilever et Kraft Foods : ses résultats ont surclassé dans le passé ceux de ses outsiders, et selon la direction du groupe ce sera la même chose dans le proche avenir.

Les résultats du premier trimestre ont été pourtant plutôt décevants : les ventes y ont été bonnes dans les pays émergents, qui fournissent plus de 50 % des revenus de Nestlé. Les marques Maggi et Nescafé surtout y ont bien performé. Mais le chiffre d’affaires a diminué en Europe de l’Ouest, notamment pour les eaux minérales.

Au total, le chiffre d’affaires du groupe a diminué de 2,1 %, affecté entre autres par la hausse du franc suisse. Ce qui n’empêche pas le management de prévoir pour l’ensemble de 2009 une croissance dite organique de 5 %. Une réduction des coûts doit y contribuer.

Même s’il s’attendait à encore mieux dans les pays émergents, l’analyste de Sanford Bernstein, Andrew Wood, attribue à Nestlé le rating de "surperformance" par rapport à la moyenne du secteur. Claudia Lenz, de Vontobel, trouve que la société a réalisé une belle performance au premier trimestre, compte tenu des circonstances. Christian Douglas, de DZ Bank, estime que le modèle économique et le bilan de l’entreprise restent excellents.

Sur 28 analystes, 11 recommandent d’acheter, 4 d’accumuler, 12 de conserver, 1 de réduire et aucun de vendre. Le consensus prévoit un bénéfice net par action de 2,94 francs suisses en 2009 contre 2,82 francs suisses l’année précédente, suivi d’un boni de 3,21 francs suisses en 2010. Ainsi se poursuivrait une série qui a vu le profit net augmenter chaque année malgré la crise.

Parmi les atouts de Nestlé, il y a une politique axée sur l’alimentation saine, une forte présence dans les pays émergents, un beau portefeuille de titres dont notamment une participation substantielle en L’Oréal, et des rachats d’actions propres massifs qui revalorisent la part de l’actionnaire.