Ce jeudi, le géant de l'alimentation Nestlé a annoncé vouloir réduire son empreinte carbone. Pour se donner les moyens d'atteindre son objectif, l'entreprise suisse a annoncé consacrer un budget de 2,9 milliards d'euros à divers projets durant les cinq prochaines années, soit un investissement de 580 millions d'euros par an.

Parmi les objectifs annoncés, on retrouve la réduction des émissions de moitié d'ici 2030 (et le zéro émission d'ici 2050), la plantation de plus de 20 millions d'arbres sur une période de dix ans, ou encore les 100 % électricité renouvelable d'ici 2025 pour l'ensemble de ses 400 usines réparties à travers 187 pays. L'entreprise précise également que la feuille de route a été établie sur base d'une analyse de ses activités.

Dans un communiqué de presse, le directeur général de l'entreprise Mark Schneider a déclaré que la lutte contre le changement climatique était "un impératif pour la réussite à long terme de nos activités. Nous menons nos activités dans presque tous les pays du monde et nous avons la taille, l'échelle et l'envergure nécessaires pour faire la différence."

En 2018, Nestlé a émis 92 millions de tonnes de gaz à effet de serre, a détaillé Nestlé, précisant que cette valeur servira de référence pour mesurer son progrès durant les années à venir.

Un montant vraiment important?

Si le montant de 2,9 milliards d'euros a de quoi faire tourner les têtes, que représente-t-il vraiment pour une multinationale comme Nestlé? Avec un chiffre d'affaires qui a dépassé les 80 milliards d'euros en 2019, le montant semble finalement bien peu.

Il faut toutefois noter qu'en débloquant une enveloppe d'un peu moins de 3 milliards, Nestlé fait une croix sur un quart de son bénéfice net de l'année dernière (12,6 milliards en 2019). Étalé sur cinq ans, cet investissement conserve toutefois des proportions moindres.

L'engagement pris par Nestlé reste toutefois supérieurs à celui d'autres entreprises. La société néerlandaise Unilever, dont le bénéfice net était de 6 milliards en 2019 (et de 9,8 en 2018), a débloqué 1 milliard d'euros sur dix ans pour devenir une entreprise "plus verte" : un objectif zéro émission pour 2039, la mise en place d'un fond nature et climat, et un développement sans aucune déforestation.

Néanmoins, les français de Danone, dont le bénéfice n'était "que" de 1,9 milliards en 2019, ont annoncé un budget 2 milliards pour la tranche 2020-2022.

Mise en cause par Greenpeace

Pas plus tard que mercredi, la branche suisse de l'organisation environnementale Greenpeace avait ciblé Coca-Cola, PepsiCo, et Nestlé. Les trois entreprises occupent toujours le podium des "plus grands pollueurs au monde en termes de déchets plastiques", a-t-elle indiqué. Pour appuyer cette affirmation, l'ONG a récolté et trié par marque 346.494 déchets plastiques dans 55 pays. Elle a ensuite lancé un appel à ces grands groupes qui doivent "s'affranchir de leur dépendance aux emballages plastiques à usage unique".

En 2019, Nestlé avait inauguré à Lausanne un institut consacré à la recherche sur les emballages pour étudier les alternatives aux plastiques. Le groupe s'était fixé pour objectif de rendre 100% de ses emballages recyclables ou réutilisables d'ici 2025.