Le CEO d'Orange Michaël Trabbia s'est félicité vendredi de la suspension de la vente de Voo à Providence par la justice liégeoise intervenue lundi. 

"Je me réjouis que les intérêts personnels de quelques-uns ne puissent plus passer devant l'intérêt général", a-t-il ainsi confié, faisant allusion aux décisions de l'ancienne direction de Nethys. Il les qualifie de "pratiques anciennes qui ne doivent plus être tolérées". Le tribunal de l'entreprise de Liège a décidé lundi de suspendre la vente de Voo à Providence par Nethys, après une demande en ce sens d'Orange. La filiale de l'intercommunale Enodia ne fera pas appel de cette décision et compte lancer à la rentrée une nouvelle procédure de vente de son pôle télécom, "ouverte et transparente".

Pour Michaël Trabbia, sur le départ vers le groupe Orange à Paris et dont le successeur à la tête de l'opérateur belge devrait être annoncé la semaine prochaine, le jugement "démontre les interrogations légitimes sur le caractère transparent et frauduleux de la vente". L'accord avec le fonds américain Providence était, selon lui, "vicié dès l'origine".

Après que le nouveau gouvernement wallon, arrivé au pouvoir en septembre dernier, eût pris des mesures "extrêmement fortes" contre l'ancienne direction de Nethys, "nous avons pu mettre le dernier clou, avec notre action, sur des pratiques anciennes qui ne doivent plus être tolérées", lance le CEO.

Orange va à présent examiner le nouveau processus de vente qui sera lancé à la rentrée. Il reste intéressé par un rapprochement avec Voo, "qui a l'avantage de limiter la nécessité et l'impact de la régulation". La filiale belge du groupe télécom français pourrait en effet de la sorte bénéficier d'une infrastructure pour l'internet fixe, qu'elle est aujourd'hui obligée de "louer" à Telenet et à Voo à un tarif de gros qu'elle estime toujours trop élevé.

Il y a une grande complémentarité entre les deux entreprises, estime Michaël Trabbia. "Voo est une marque forte et à respecter", dit-il, interrogé sur la possibilité de la voir disparaître en cas de rachat par Orange. Pour le CEO, il est trop tôt pour déjà se prononcer sur le sujet. Mais l'enseigne "n'a pas vocation à disparaître dans les prochaines années", concède-t-il toutefois.