START-UP DE LA SEMAINE | La start-up wallo-bruxelloise a développé une application qui permet d’imprimer un journal mensuel avec des photos de famille.

On n’a jamais autant pris de photos qu’aujourd’hui. Le moindre (petit) événement est immortalisé sur smartphone. Les photos sont ensuite partagées, de façon plus ou moins publique, sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram en tête). Elles sont likées, repartagées et, pour une partie d’entre elles, stockées dans des fichiers qu’on se promet de revoir plus tard…

Dans ce déferlement de photos numérisées, il y a une chose qu’on ne fait pratiquement plus (ou alors, de manière très occasionnelle) : les imprimer pour en faire des albums. Des solutions existent, pourtant, mais elles ne sont pas forcément faciles à manier, notamment pour les personnes peu familiarisées avec les nouvelles technologies.

La start-up Neveo - qui a un pied à Bruxelles et l’autre en Wallonie - a développé une solution qui remet à l’honneur l’album familial à l’ère des smartphones. "Par rapport aux albums classiques qu’il est possible de réaliser en ligne, dit Simon Desbarax, co-fondateur de 31 ans , la force de Neveo est de proposer un outil qui, en moins de 2 minutes, permet à une ou plusieurs personnes de composer un journal familial qui sera envoyé chaque mois, en format A4 sur papier, à un parent ou un grand-parent".

Cette solution, Neveo y a travaillé à partir de 2015. Initialement, la jeune pousse avait misé sur un journal familial sur… téléviseur. Mais, pour diverses raisons, l’expérience capota. Le choix, assez audacieux, fut alors fait de "pivoter" vers un journal imprimé. 


Un choix qui s’avérera à la fois pertinent (les seniors sont a priori moins bien équipés et/ou moins à l’aise avec les nouvelles technologies que leur descendance) et gagnant (ces mêmes seniors gardent un fort attachement au papier et aiment rester en contact avec leurs enfants et petits-enfants, surtout quand ils vivent à l’étranger). "Beaucoup de nos clients attendent le 10 de chaque mois avec impatience… Si leur journal Neveo n’est pas dans leur boîte aux lettres, je peux vous assurer qu’ils nous le font savoir rapidement !".

Trois nouvelles langues, cinq nouveaux pays

Un petit mot d’explication s’impose sur la "mécanique", désormais bien huilée, mise en place par Simon Desbarax et ses deux associés (Vincent Leroy et Jérôme du Bois). Chaque fin de mois, Neveo rassemble les photos transmises - via une application Web ou mobile - par les contributeurs d’un journal (ils peuvent être autant qu’ils veulent). Neveo se charge de mettre les photos en page et d’imprimer le journal, lequel est envoyé par courrier aux parents ou grands-parents. 

Selon le type d’abonnement (qui va de 9,99 à 19,99 euros par mois), le nombre de photos figurant dans chaque journal varie de 50 à 180 maximum. Neveo livre ses albums en cinq langues et dans 100 pays différents (et ce, au même tarif de livraison !). "On livre même au Kazakhstan et en Nouvelle-Guinée". L’impression est faite sur papier recyclé et avec de l’encre végétale.

Un peu moins d’un an après avoir levé 1,5 million d’euros pour accélérer et internationaliser son activité, la start-up - qui fut la toute première, en 2016, à obtenir une aide financière du fonds W.IN.G by Digital Wallonia - fait valoir des chiffres en croissance : "On a ouvert trois nouvelles langues (italien, espagnol et allemand, qui viennent s’ajouter au français et à l’anglais, le néerlandais étant prévu dans le courant de 2020, NdlR) et cinq nouveaux pays (Italie, Espagne, Allemagne, Australie et Canada), indique Simon Desbarax. On imprime 1 million de photos par mois, pour 100 000 contributeurs et environ 20 000 clients finaux". Les revenus, eux, sont gardés confidentiels…

Le futur ? Accroître le nombre d’abonnés sur les sept marchés prioritaires (les 5 pays évoqués ci-dessus, en plus de la Belgique et de la France) et proposer des services de type "premium" à partir de la mi-2020.