Le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) demande ce mercredi qu'une enquête soit lancée au niveau européen sur la question de l'usure des manettes de Nintendo Switch. Le BEUC souhaite que Nintendo "soit obligé de remédier d'urgence aux défaillances prématurées de son produit", vendu dans le monde à plus de 68 millions d'unités.

"Les consommateurs partent du principe que les produits qu'ils achètent durent suffisamment longtemps (...) et qu'ils n'ont pas à payer des remplacements coûteux en raison d'un défaut technique, a affirmé la directrice générale du BEUC. La création de déchets électroniques inutiles va totalement à l'encontre des objectifs du Pacte vert pour l'Europe".

Nintendo n'est pas en mesure de réagir dans l'immédiat, tandis que la Commission européenne n'avait pas non plus répondu à la mi-journée.

En France, l'association UFC-Que Choisir a indiqué se joindre au BEUC pour enclencher le mécanisme européen d'alerte externe, et "faire toute la lumière sur cette panne récurrente qui dépasse nos frontières".

Que Choisir avait déposé plainte en septembre dernier contre Nintendo France pour obsolescence programmée, forte de plus de 9.100 témoignages de consommateurs attestant de la défectuosité de leurs manettes de la console Switch. Un défaut baptisé Joy-Con Drift.

25.000 consommateurs mécontents

Or, depuis, d'autres associations de consommateurs belge, néerlandaise, portugaise, italienne, norvégienne, slovaque, slovène et grecque ont lancé des appels à témoignages. Près de 25.000 consommateurs européens se sont manifestés, produisant des témoignages similaires.

Selon Que Choisir, la panne provoque des mouvements fantômes inopinés, qui empêchent les consommateurs d'utiliser correctement leur console de jeux. L'organisation évoquait deux causes au moment de la plainte en France: "une usure prématurée des circuits imprimés, et un défaut d'étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du joystick".

En janvier 2020, le directeur de Nintendo France avait proposé de réparer gratuitement les manettes défectueuses, même si elles n'étaient plus couvertes par la garantie. Mais selon l'association française, le problème de fond n'a pas été réglé.

Concrètement, le BEUC a adressé une lettre à la Commission européenne "via le mécanisme d'alerte externe pour pratiques commerciales trompeuses, agressives et déloyales".

L'action internationale vise à encourager le lancement d'une enquête européenne et à imposer à Nintendo le règlement de ces défaillances prématurées. Cela, en réparant gratuitement les manettes défectueuses et en prévenant de la durée de vie limitée de ces manettes, ajoute Que Choisir, qui appelle de nouveau les consommateurs touchés par la panne à se manifester.