START-UP DE LA SEMAINE | La jeune pousse liégeoise a développé une solution offrant une plongée immersive d’un bien encore inexistant.
La transformation numérique du secteur immobilier est en marche. Les start-up "proptech" - contraction de "property" et "technology" - se multiplient. La Belgique n’y échappe pas. On en a encore eu un exemple récent avec Nodalviews, jeune pousse bruxelloise qui vient de lever 1,7 million d’euros avec Volta Ventures pour accélérer le déploiement d’une solution technologique permettant aux agents immobiliers, au départ d’un simple smartphone, de mettre en valeur les biens immobiliers qu’ils mettent en vente ( Libre Immo , 5/9 ).
Nirli est une autre illustration de proptech , wallonne cette fois, qui a saisi l’opportunité de surfer sur cette vague. Avec, ici aussi, l’objectif d’améliorer, ou même de réinventer, les services proposés par les acteurs immobiliers.
"J’ai lancé Nirli en juillet 2017 après avoir passé douze ans dans le secteur des télécoms (Telindus, Proximus, BT, Econocom, NdlR) et sans savoir exactement ce que j’allais faire", nous explique Jean-Marc Duyckaerts, fondateur et CEO de la société . "J’avais juste le projet de pouvoir appliquer les technologies immersives au secteur immobilier."
Dès le départ, ce Hervien de 37 ans engage un graphiste 3D (Antoine) et un développeur d’applications (Thomas) pour élaborer un minimum viable product . Le résultat de ce MVP est une solution logicielle qui, associée à un ordinateur et un casque de réalité virtuelle (VR), permet de se promener dans son futur appartement (ou maison) alors que celui-ci se trouve toujours à l’état de plans !
"On passe d’un plan 2D dessiné par un architecte à une visite immersive en 3D" , résume Jean-Marc Duyckaerts. Pour le candidat bâtisseur, la valeur ajoutée est assez évidente : face à un gros investissement (qui l’engagera souvent, au plan financier, sur plusieurs années), il peut concrétiser en trois dimensions ses choix architecturaux.
La solution de Nirli va même plus loin puisqu’elle intègre aussi les biens mobiliers. Autrement dit, le client va pouvoir tester ses choix d’aménagement intérieur (carrelage, parquet, meubles, cuisine, etc.) dans son futur "chez soi".


Premiers clients réguliers et levée de fonds

"Aujourd’hui", reprend M. Duyckaerts , "Nirli se présente comme une place de marché immersive où on met en relation les particuliers avec les vendeurs de biens immobiliers et mobiliers où les deux parties vont pouvoir valider leurs choix." Sur le plan pratique, c’est le promoteur ou l’agence immobilière qui se charge de télécharger, sur la plateforme, les plans du bâti et les choix d’aménagement intérieur. Dans les quinze jours, il reçoit une application qui modélise le bien en 3D et qu’il pourra utiliser auprès de son client (l’acheteur) pour le plonger dans une visite grandeur nature du bien convoité.

Nirli, dont les bureaux sont situés au Pôle Image de Liège, fait déjà valoir un portefeuille de quatorze clients réguliers, dont l’essentiel se compose d’agences immobilières belges (Jacques Bonnivers, Immo 31, etc.). Si la jeune pousse poursuit ses développements technologiques, la priorité principale, aujourd’hui, est de se faire connaître au sein d’un marché immobilier qui n’est pas simple à pénétrer. "Notre cible est avant tout le marché belge, mais nous regardons aussi le Luxembourg et la France," indique le CEO de Nirli . "On commence également à nouer des contacts sur des marchés des secondes résidences, comme l’Espagne, le Portugal, la Thaïlande."

Jean-Marc Duyckaerts prépare, par ailleurs, une première grosse levée de fonds pour accompagner et accélérer ces développements. L’objectif affiché est de réussir à lever 900 000 euros d’ici la fin de cette année. Depuis sa création, Nirli a pu compter sur le soutien du W.IN.G., le fonds du numérique wallon , et d’une campagne de financement participatif mené sur la plateforme Spreds. Ces deux partenaires ont injecté, au total, 162 500 euros dans Nirli (dont un prêt convertible de 50 000 euros du W.IN.G.).