Le constructeur automobile japonais Nissan a annoncé mercredi un changement de fonctions de l'un de ses vice-présidents, Hari Nada, jusqu'à présent responsable de ses affaires juridiques, une position qui était devenue intenable vu son rôle ambigu dans l'affaire Ghosn.

Nada a été nommé conseiller du groupe chargé de "projets spéciaux", selon un bref communiqué de Nissan.

Le groupe a affirmé n'avoir "pas trouvé de preuve" d'actions inappropriées de Hari Nada dans son enquête interne sur les "malversations" de son ancien patron Carlos Ghosn.

Cependant, son changement de poste vise à "éviter une suspicion injustifiée" à son égard et à lui permettre de se consacrer à "d'importantes tâches" pour le groupe, comme ses prochaines actions en justice dans l'affaire Ghosn, toujours selon le communiqué.

Selon une source proche du dossier interrogée mercredi par l'AFP, M. Nada aurait toutefois délibérément bénéficié de primes indues par le passé, comme Carlos Ghosn, son ancien bras droit Greg Kelly et Hiroto Saikawa. Ce dernier avait dû démissionner le mois dernier de son poste de directeur général en raison de ce scandale.

Carlos Ghosn, dont le procès devrait s'ouvrir en avril prochain à Tokyo, nie jusqu'à présent toutes les accusations formulées contre lui.

La clémence de l'audit interne de Nissan envers d'autres responsables du groupe, en particulier M. Nada, avait fait émerger dans les médias des soupçons de conflits d'intérêt, abîmant l'image de transparence affichée par le groupe.

Le cas de M. Nada était "extrêmement compliqué" à traiter, car s'il a participé aux "malversations" financières orchestrées par M. Ghosn et M. Kelly, il est aussi l'un de ceux qui ont organisé la "révolte" interne contre M. Ghosn, interpellé puis inculpé fin 2018 au Japon, selon la source proche du dossier interrogée par l'AFP.

Son statut de "lanceur d'alerte" faisait qu'il était "extrêmement difficile de le licencier", toujours selon cette source. D'où l'idée de lui conférer un autre poste l'éloignant du service juridique du groupe.

Le sort de Hari Nada avait été l'autre principal sujet du conseil d'administration de Nissan qui s'est tenu mardi, à l'issue duquel un nouveau directeur général, le Japonais Makoto Uchida, a été désigné.