"Il n'y a pas de plans pour changer la structure de capital avec Mitsubishi", a réagi Nissan dans une brève déclaration transmise à l'AFP.

Une source proche de Nissan a encore enfoncé le clou: une telle décision n'aurait "ni queue ni tête", a-t-elle estimé auprès de l'AFP.

Cela obligerait Nissan à passer des dépréciations conséquentes car la capitalisation boursière de Mitsubishi Motors s'élève actuellement à 300 milliards de yens seulement (2,4 milliards d'euros), à peine plus que les 2,1 milliards d'euros déboursés en 2016 par Nissan pour racheter 34%.

Par ailleurs, "Nissan n'a pas de problèmes de liquidités", a rappelé cette même source.

Fin septembre, le groupe disposait d'un matelas confortable de trésorerie et équivalents de près de 2.500 milliards de yens (20 milliards d'euros). Il a notamment émis en septembre deux emprunts obligataires géants, en dollar et en euro.

Mitsubishi Motors a aussi démenti: "Il n'y a pas de discussions sur une révision de notre relation capitalistique" avec Nissan, a affirmé à l'AFP une porte-parole du groupe.

Selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg, Nissan redouterait d'être durablement plombé par Mitsubishi Motors, lui aussi dans le rouge et dont le redressement face à la pandémie pourrait prendre plus de temps.

Alors que les performances de Nissan se sont améliorées sur le trimestre écoulé, selon des chiffres publiés la semaine dernière, Mitsubishi Motors a lui publié début novembre une perte trimestrielle pire que prévue.

Nissan s'attend désormais à enregistrer une perte nette de 615 milliards de yens (4,95 milliards d'euros) en 2020/21, contre une perte de 670 milliards de yens précédemment anticipée. Mitsubishi Motors prévoit pour sa part une perte nette de 360 milliards de yens (2,9 milliards d'euros).

Les risques d'une déliquescence de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors avaient été élevés après l'éviction fracassante de sa clé de voûte Carlos Ghosn, arrêté il y a deux ans à Tokyo pour malversations financières présumées et qui a fui au Liban fin 2019.

Les rapports entre Renault et Nissan se sont toutefois nettement réchauffés depuis l'arrivée aux commandes fin 2019 d'une nouvelle direction de Nissan résolument pro-alliance.

La nécessité de collaborer davantage s'est par ailleurs faite encore plus pressante pour les trois membres de l'alliance depuis le choc économique provoqué par la pandémie de Covid-19.