Mise en cause dans la défaillance de la compagnie aérienne française XL Airways, la low cost Norwegian Air Shuttle s'est défendue mardi d'avoir reçu des aides publiques.

"Norwegian n'a jamais reçu ne serait-ce qu'une couronne d'aide étatique", a souligné son porte-parole, Lasse Sandaker-Nielsen. "Ce malentendu est sans doute dû à des contrevérités que la compagnie aérienne française XL, récemment mise en faillite, a diffusées sur Norwegian depuis que nous avons lancé des liaisons directes entre Paris et plusieurs villes aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Compagnie à coûts réduits desservant notamment l'Amérique du Nord, XL Airways a annoncé lundi la suppression de tous ses vols. Son PDG, Laurent Magnin, a, à plusieurs reprises, dénoncé une "concurrence débridée" et les effets désastreux de l'arrivée de Norwegian à Paris.

Ses propos ont trouvé un écho chez les pouvoir publics. Dimanche, le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a dit ne pas pouvoir accepter "qu'une compagnie comme Norwegian casse les prix avec un soutien public norvégien au détriment de nos propres compagnies".

Elle-même en difficulté

Relancée en 2002 comme compagnie à bas coûts, Norwegian connaît elle-même de sérieuses difficultés financières.

Ployant sous une dette considérable et accumulant les pertes depuis 2017, le transporteur a récemment demandé et obtenu un répit de la part de ses créanciers, qui ont accepté de différer d'environ deux ans l'échéance d'obligations d'une valeur totale proche de 350 millions d'euros.

Il a aussi procédé à une augmentation de capital de 3 milliards de couronnes (300 millions d'euros) en début d'année, cédé ses actifs bancaires, fermé des bases et des liaisons aériennes et repoussé la livraison de nouveaux appareils Airbus et Boeing.