"Nous ne travaillons pas, aujourd'hui, sur un projet de contre-OPA" face à l'offre déposée par Veolia, a déclaré devant le Sénat la présidente d'Ardian, Dominique Senequier, appelant de ses voeux un accord entre les deux groupes.

Veolia a déposé le 8 février une OPA hostile auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

La présidente d'Ardian, Dominique Senequier. © Ardian

"M. Frérot (PDG de Veolia, ndlr) m'a appelée le 2 février en me demandant mon soutien pour que Suez et lui aient des discussions amicales (...). Il a rencontré M. Camus le 5 (le directeur général de Suez, ndlr), donc on a été plus que surpris du dépôt d'offre le lundi 8 (...) parce que j'ai bien cru qu'il souhaitait une solution amicale", a commenté Mme Senequier.

"Nous serions très heureux qu'il y ait la nomination d'un médiateur. Quand une situation devient aussi difficile, cela peut être positif", a-t-elle estimé.

Seulement 30 % des activités ?

Ardian, associé au fonds américain GIP, s'est dit prêt à soutenir une reprise de Suez permettant le maintien de deux groupes distincts, Suez et Veolia, après que ceux-ci se soient accordés sur leurs périmètres respectifs futurs.

Veolia détient depuis octobre 29,9 % du capital de Suez, vendus par Engie. Il a récemment listé les actifs de Suez qu'il considère comme stratégiques et pour lesquels il s'opposerait à toute cession.

Ces actifs "représentent seulement 4,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour Suez, environ 30 %. A quoi bon une telle opération hostile sur 100 % du capital s'il n'y a que 30 % de l'activité qui intéresse Veolia?", a argumenté la patronne d'Ardian. "Il y a des désirs des deux côtés, et à un moment il faut que les deux côtés arrivent à trouver un accord".

Aux sénateurs, elle a aussi assuré que sa société investissait régulièrement sur des temps longs, de plus de 15 ans voire 25 ans, notamment quand il s'agit de services essentiels.