Les cours du pétrole brut n'en finissent pas de grimper ! Vendredi, ils ont battu leurs records aussi bien à Londres, où le baril de Brent de la mer du Nord a établi un plus haut historique à 89,30 dollars, qu'à New York, où le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre est monté à 92,22 dollars lors des échanges électroniques. Quatre raisons principales sont avancées pour justifier cette nouvelle flambée : le déclin des réserves pétrolières américaines, les nouvelles sanctions américaines contre l'Iran, les tensions à la frontière turco-irakienne et la faiblesse continue du dollar.

Hier soir, en fin de séance, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre prenait 79 cents à 91,17 dollars. En milieu de séance, et même avant, lors des échanges électroniques de pré-marché, il est monté à 92,22 dollars, un record absolu, à quelques pas des 100 dollars.

En un mois, les prix du pétrole ont pris plus de dix dollars à New York. Sur un an, la flambée est d'environ 30 dollars, soit une hausse d'à peu près 50 pc. Pour les analystes, la question n'est plus de savoir si le baril va atteindre la barre fatidique des 100 dollars mais quand...

Le record du brut reste toutefois en deçà du pic établi en avril 1980, un an après la Révolution islamique en Iran, qui ressort à 103 dollars une fois ajusté de l'inflation, d'après les calculs de la fédération pétrolière. Cette accélération des prix de l'or noir est aussi due à des craintes sur une insuffisance de l'offre à l'approche de l'hiver, traditionnel pic de la consommation de produits distillés (fuel de chauffage et diesel dans l'hémisphère nord).

A ce propos, le département américain à l'Energie a fait état mercredi dernier d'un recul de 5,3 millions de barils des stocks de brut la semaine dernière, soit 5,9 pc en moins par rapport à leur niveau de 2006. Quant aux réserves de produits distillés, elles sont en baisse de 7,6 pc sur un an. A ces données, s'ajoute la crainte que l'offre ne soit encore réduite, en raison de tensions géopolitiques, autour de la frontière turco-irakienne, au Nigeria ou entre l'Iran et la communauté internationale à propos du programme nucléaire de Téhéran. Par ailleurs, les marchés anticipent une baisse des taux d'intérêt américains le 31 octobre. Le prix du baril étant libellé en dollars, il revient moins cher aux investisseurs hors zone dollar, ce qui stimule la demande d'or noir.

Cette combinaison d'éléments fait craindre au marché que la demande de pétrole va encore être "plus robuste" alors que dans le même temps l'offre va se restreindre de plus en plus, estiment les analystes qui considèrent que les "fondamentaux" ont, pour l'heure, un impact bien plus important que l'action des spéculateurs. A confirmer.