L'équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent a lancé, jeudi, son deuxième avertissement de l'année sur ses résultats financiers, provoquant une forte baisse du titre.

Le groupe, résultat de la fusion en décembre 2006 des équipementiers français Alcatel et américain Lucent, prévoit désormais une croissance de son chiffre d'affaires 2007 "nulle ou légèrement positive". Il misait précédemment sur une hausse d'environ 5 pc à taux de change constant. Le groupe s'attend également à une baisse de sa rentabilité.

En janvier dernier, quelques semaines à peine après la fusion, la nouvelle entité avait déjà annoncé une baisse de son chiffre d'affaires et de sa marge pour l'année 2006. La raison invoquée à l'époque était le "report des investissements" des clients en Amérique du Nord et une "concurrence exacerbée" sur le marché mondial de la téléphonie mobile.

Cette fois encore, c'est le marché nord américain qui pose problème. "La première raison" est que "le montant des investissements des opérateurs de téléphonie mobile en Amérique du Nord va être inférieur à nos prévisions", a déclaré Patricia Russo, directrice générale. "Il s'agit d'un problème d'investissements et pas d'un problème de parts de marché pour Alcatel-Lucent", a-t-elle ajouté. Et ce, malgré le contrat de six milliards de dollars sur trois ans qu'Alcatel-Lucent a signé en début d'année avec l'opérateur mobile américain Verizon. Le groupe revendique la place de numéro un sur le marché nord-américain avec 55 pc de parts de marché.

Comme Alcatel-Lucent l'avait déjà fait en janvier en lançant un plan supplémentaire d'économies, Alcatel-Lucent passe cette fois encore à la vitesse supérieure. Le groupe annonce une accélération du programme de restructuration ainsi que de nouvelles mesures de réduction des coûts. Cet avertissement intervient au lendemain de l'accord entre syndicats et direction sur le plan social qui prévoit, notamment, le départ de quelque 1 330 salariés en France d'ici à juin 2009. Celui-ci s'inscrit dans le cadre d'un plan d'économie de 1,7 milliard d'euros sur trois ans prévoyant notamment la suppression de 12 500 postes dans le monde. Jeudi, Mme Russo n'a pas écarté l'éventualité de nouvelles réductions de postes "dans les régions où cela sera nécessaire". Le groupe fera le point sur les différentes mesures lors de la publication fin octobre des résultats du troisième trimestre. En attendant, Mme Russo se dit toujours confiante dans la fusion du groupe.

Jeudi, l'action Alcatel-Lucent a dégringolé de 8,69 pc sur Euronext Paris, clôturant la journée à 6,62 €. Depuis le 1er janvier, le titre a perdu 40 pc. (D'après AFP)