L'entreprise publique a dévoilé ce vendredi un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros pour l'année 2019. Un nouveau record et une croissance au-delà des attentes de la direction. Quant aux perspectives, le CEO, en fin de mandat, estime que l'absence prolongée d'un gouvernement fédéral risque de poser problème.

La Loterie nationale a signé en 2019 sa troisième année record et sa quatrième année de croissance consécutive. La direction tablait sur une amélioration d'un peu moins de 2% mais enregistre au final un bond de plus de 8,5% de son chiffre d'affaires à 1,442 milliard d'euros.

Rappelons d'emblée la particularité de ce chiffre mesuré par le total des mises des joueurs.

L'entreprise publique a fait 94 millions d'heureux l'année passée, reversant près de 834 millions d'euros. Mention spéciale, 61 personnes étaient des gagnants de rang 1, autrement dit ceux qui ont décroché le jackpot.

"Le Lotto reste un produit phare avec beaucoup de joueurs qui font de petites mises", a souligné Jannie Haek, CEO de la Loterie nationale. Mais l'Euromillions représente un autre pilier du bilan financier, participant à hauteur de 562 millions d'euros du chiffre d'affaires.

Dans le détail, la Loterie nationale a pu compter sur le retail, via lequel elle a réalisé près de 1,15 milliard d'euros de chiffres d'affaires. Un chiffre en progression de 5,7% par rapport à 2018. Outre la part importante - près de 80% du chiffres d'affaires - que représente la vente au détail, la part du digital a également crû de 23,9% en 2019, pour un total de 269,9 millions d'euros.

Avec près de 1,06 million de joueurs désormais inscrits sur son site internet, la Loterie se revendique comme "certainement le plus grand site de commerce de Belgique".

Notons que l'entreprise redistribue son chiffre d'affaires à la société civile et aux actionnaires, soit quelque 320 millions reversés à des oeuvres et associations ainsi qu'à l'Etat actionnaire.

"On fait tourner l'entreprise"

Interrogé par La Libre sur l'absence de gouvernement, le patron a relativisé. "Si ça ne dure pas trop longtemps, ça devrait aller. Mais il ne faut pas que cela s'éternise. Sinon ça pourrait poser problème. Imaginons s'il devait y avoir des réformes, des changements de lois concernant les jeux ou que sais-je. Ça nous poserait problème qu'il n'y ait pas de gouvernement, comme à tous les Belges", a observé Jannie Haek. "Au bout d'un moment ça coincera, comme pour tout le monde".

Cet ancien directeur général de la SNCB de 2005 à 2013, qui a pris la tête de la Loterie à l'époque pour une durée de six ans, ne s'inquiète par contre pas de la fin de son mandat.

"Vous voyez, ça ne change rien pour nous, on fait tourner l'entreprise, on continue comme ça, et voilà", a-t-il souri en guise de conclusion.