L'addition sociale des restructurations chez InBev était, sans doute, déjà assez salée pour en remettre une couche. Le brasseur belgo-brésilien a décidé de déménager son siège pour la zone Europe centrale et de l'Est de Louvain à Moscou à partir du 1 er juillet. Une mini-délocalisation qui concerne 37 personnes. Annoncée au personnel de l'entreprise, cette information n'a pas fait l'objet de communication externe.

Dans cette partie du monde, qui intègre les 5 zones géographiques du groupe, InBev possède au total 24 brasseries, réparties en Bulgarie (2), Croatie (1), République tchèque (3), Hongrie (1), Serbie-Monténégro (2), Roumanie (3), Russie (9) et Ukraine (3). Contrairement à l'Europe de l'Ouest -marché à la traîne où InBev a annoncé une vague de restructurations-, l'Europe centrale et de l'Est a connu, en 2005, une croissance interne de ses volumes de 10,7 pc. Le groupe y a écoulé 38 millions d'hectolitres de bière, soit presque le même volume qu'en Europe de l'Ouest (39,7 millions d'hl, -1,4 pc par rapport à 2004).

Jusqu'à présent, cette zone était gérée depuis le quartier général de Louvain. Une exception, dit-on chez InBev. «Toutes les autres zones géographiques du groupe ont, en effet, leur siège dans leur région, le but étant d'être plus proches de leurs clients. Celui de la zone Amérique du Nord est installé au Canada, celui de l'Amérique du Sud à São Paulo au Brésil, celui de l'Asie-Pacifique à Shanghai en Chine et celui de l'Europe de l'Ouest à Louvain», argumente Marianne Anssoms, la porte-parole d'InBev.

Sans pertes d'emplois?

Les 37 membres de cette équipe, dirigée par le Belge Alain Beyens, étaient des cadres supérieurs belges pour la plupart.

«Ils voyageaient beaucoup dans les différents pays de cette zone, ils continueront à le faire mais au départ de Moscou», ajoute la porte-parole.

Pourquoi Moscou, qui n'est pas la localisation la plus centrale dans cette zone? «Parce qu'InBev y a des projets de croissance à long terme (NdlR: InBev a augmenté sa part de marché de 15,6 à 18 pc en Russie, lit-on dans son rapport annuel) et qu'il y possède la plus large concentration d'employés», explique Alain Beyens, le président de la zone dans une note interne, dont «La Libre» a pu prendre connaissance.

Et quid des 37 personnes concernées? «Une grande partie des cadres migreront à Moscou. On va essayer de trouver des solutions au sein de l'organisation même pour les personnes qui ne veulent pas déménager en Russie. C'est pourquoi nous avons prévu une période de transition de 12 mois», précise Marianne Anssoms. D'après la direction, il n'y aura pas de pertes d'emplois. Mais les syndicats en doutent. «A chaque restructuration, InBev promet de recaser tout le monde ou un maximum de personnes mais s'il veut réduire ses coûts, il faudra bien qu'il supprime des emplois.»

Quoi qu'il en soit, InBev réduira encore un peu plus la voilure en Belgique, où le brasseur a annoncé la suppression de plus de 400 postes.

© La Libre Belgique 2006