La compagnie aérienne italienne Alitalia était de nouveau plongée dans l'incertitude vendredi, le groupe Atlantia ayant menacé de ne plus participer à son plan de sauvetage, sa filiale Autostrade per l'Italia étant dans la tourmente après l'effondrement d'un pont à Gênes.

Les syndicats de la compagnie, qui emploie quelque 11.000 personnes, ont exprimé vendredi matin leur inquiétude, en demandant une réunion urgente avec le ministre du Développement économique.

Le groupe Atlantia, qui appartient à la famille Benetton, devait participer au plan de sauvetage de la compagnie aérienne.

Mais, suite à l'effondrement du pont Morandi à Gênes qui a fait 43 morts en août 2018, le gouvernement a lancé une procédure pour retirer sa concession autoroutière au gestionnaire Autostrade per l'Italia, dont Atlantia est le principal actionnaire.

Et mardi, le Premier ministre Giuseppe Conte a souligné que le gouvernement ne ferait "pas de ristourne aux privés", mais poursuivrait "l'intérêt public".

Dès le lendemain, dans un courrier envoyé au ministre du Développement économique, Stefano Patuanelli, Atlantia a affirmé que la "situation d'incertitude qui touche Autostrade per l'Italia" et la procédure pour rendre caduque sa concession ne lui permettraient pas de "s'engager dans une opération coûteuse de haute complexité et au risque élevé" pour sauver Alitalia.

Réunion de crise

Le gouvernement italien a tenu jeudi soir une réunion de crise, mais aucune déclaration officielle n'a eu lieu depuis.

Dans la journée de jeudi, le vice-ministre au Développement économique, Stefano Buffagni, avait indiqué simplement que le gouvernement "ne soumettait aux chantages de personne", laissant ainsi entendre qu'Atlantia demandait l'abandon de la procédure de révocation de la concession pour participer au plan de sauvetage d'Alitalia.

Atlantia devait participer au plan de sauvetage d'Alitalia au côté de la société italienne des chemins de fer Ferrovie dello Stato (FS), de la compagnie américaine Delta et du ministère italien de l'Economie.

Fragilisée par la concurrence des compagnies low-cost, Alitalia a multiplié les pertes ces dernières années et a dû être placée sous tutelle en 2017, après le rejet par les salariés d'un plan de restructuration prévoyant 1.700 suppressions d'emplois.