Le constructeur automobile General Motors affirme avoir besoin d'un prêt du gouvernement américain de 4 milliards de dollars au mois de décembre et de 12 milliards de dollars au total avant le mois de mars, pour pouvoir continuer à fonctionner. General Motors annonce avoir l'intention de supprimer des emplois, des marques de véhicules et des usines d'ici 2012.

Le plan du constructeur automobile se concentrerait sur quatre marques: Chevrolet, GMC, Buick, Cadillac. D'ici 2012, le projet envisage la suppression de 20.000 à 30.000 emplois. Le patron du groupe Rick Wagoner propose de travailler pour un dollar par an et les responsables de haut niveau de la société accepteront de réduire leurs salaires.

Allemagne: le marché automobile s'effondre de 18% en novembre

Le marché automobile allemand, en chute libre, devrait encore se dégrader en 2009, un indicateur de mauvais augure pour une économie déjà en récession, où le secteur est le premier employeur du pays.

Le mois dernier, le nombre des immatriculations de véhicules neufs a plongé de 18% sur un an, à 233.800 unités, entraîné par l'atonie des exportations (-18%), selon des chiffres publiés mercredi par la fédération VDA. Avec ce quatrième mois consécutif de baisse, celle-ci s'attend désormais en 2008 à un niveau légèrement inférieur à 3,1 millions de véhicules, contre 3,2 l'an passé. L'Allemagne atteindra alors le "plus faible niveau depuis la Réunification" en 1990, a précisé la VDA au cours d'une conférence de presse.

Mais le net repli du premier marché automobile européen, devant la Grande-Bretagne, l'Italie et la France, ne devrait pas s'arrêter là. Pour 2009, la VDA mise sur une chute de plus de 6% à 2,9 millions de véhicules. Les exportations et la production devraient elles aussi reculer "nettement". Le secteur automobile joue un rôle clef dans le pays: première branche industrielle, il est aussi le premier exportateur. Et selon la VDA, un emploi sur sept est directement ou indirectement lié à l'automobile. "Les marchés automobiles ont entamé un plongeon dont la vitesse et la force n'avaient encore jamais été vues", a commenté le président de la fédération Matthias Wissmann.

Contrairement aux crises précédentes du secteur, aucun marché important n'est cette fois à l'abri, prévient-il. Ainsi, le mois dernier, les immatriculations ont chuté de 14% en France et ont poursuivi leur plongeon en Espagne (-50%) et en Italie (-30%). Hors des frontières européennes, le tableau n'est guère plus reluisant. Aux Etats-Unis, le premier marché mondial a reculé pour le 13e mois consécutif et même les marchés émergents ressentent désormais les effets de la crise. Le Brésil est ainsi à son tour pris dans la tourmente, avec une chute de 30% des immatriculations en novembre.

Au recul des ventes s'ajoutent les difficultés de financement que rencontrent les groupes automobiles. Conséquence directe de la crise financière, les banques sont très réticentes à leur prêter de l'argent, ou bien à des conditions bien plus exigeantes que par le passé. Les assureurs-crédits qui assurent les livraisons sont eux aussi pointé du doigt. Conséquences, plusieurs petites ou moyennes entreprises sous-traitantes sont déjà menacées de faillite en Allemagne, ont estimé ces dernières semaines plusieurs constructeurs.

Ceux-ci ont tous annoncé des baisses de production, assorties parfois de chômage technique et de la suppression de centaines de contrats précaires. Même Volkswagen, qui résistait mieux jusque là, veut allonger sa pause de Noël pour 16.000 salariés sur ses usines de Wolfsburg (nord). Et le numéro un mondial de l'équipement automobile, Bosch, s'est déjà séparé de centaines d'intérimaires ou de contrats à durée déterminée, et a réduit drastiquement le temps de travail sur plusieurs sites allemands.

"Ce processus n'est pas terminé et aura des conséquences sur les salariés", a prévenu mercredi Matthias Wissmann, pour la VDA. "Des vacances de Noël plus longues et des arrêts de production ne sont qu'un premier pas dans beaucoup d'usines", a-t-il ajouté. Autant de déclarations qui devraient accentuer encore la pression mise sur la chancelière Angela Merkel, qui refuse pour le moment d'annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre la crise, malgré les injonctions venues parfois de son propre camp.