Un nouvel assistant vocal, développé par Orange et Deutsche Telekom, se dévoile.

On connaissait déjà Assistant (Google), Alexa (Amazon), Siri (Apple) et Bixby (Samsung). Ces petits noms sont ceux donnés aux "assistants vocaux" développés et commercialisés par les géants de la tech (3 Américains, 1 Sud-Coréen). On pourra bientôt ajouter, à cette courte liste, Djingo. Enfin un assistant vocal "made in Europa" ! D’aucuns criaient déjà à la nouvelle "rupture technologique" de l’Europe sur un terrain au potentiel considérable.

Djingo, entraperçu à Paris lors du "Hello Show" 2017 du groupe Orange, a fait son coming out voici quelques jours. Certes, il faudra encore attendre quelques mois qu’il soit lancé en… France. Pour la Belgique, ce ne sera pas avant 2020, a prévenu Michael Trabbia, CEO d’Orange Belgium, car l’intelligence artificielle embarquée dans Djingo va devoir s’adapter à notre bilinguisme.

Djingo a été développé par l’opérateur télécom français en partenariat avec son homologue allemand, Deutsche Telekom dans le cadre, dixit Stéphane Richard (CEO d’Orange), d’une alliance européenne de l’Intelligence Artificielle. Comme ses aînés, il se commande par la voix. L’enceinte connectée à Internet permettra de passer des appels, d’interagir avec sa télévision, de piloter des services de maison connectée et sécurisée, d’effectuer des achats en ligne,…. Djingo donnera aussi accès à Alexa, ouvrant la porte à une série de services additionnels. Pour rendre Djingo plus sexy, Orange a en effet noué un partenariat avec Amazon en vue de combiner leurs assistants connectés dans leurs équipements respectifs.

Gadget, tout ça ? À voir… Sachez en tout cas qu’aux États-Unis, 25 % de la population aurait déjà succombé à un assistant vocal et que, selon le cabinet Wavestone, la rapidité de l’adoption par les utilisateurs se rapproche de celle observée lors de l’apparition des smartphones, il y a plus de dix ans…


Depthen

© SCHOLASSE ETIENNE
Depthen, c’est avant tout la concrétisation de plusieurs années de travaux au sein de l’Université de Mons et de l’Institut de recherche pour les technologies créatives (Numediart). Fondé et dirigé par le professeur montois Thierry Dutoit, Numediart a acquis une expertise - reconnue au niveau international - dans le domaine du traitement du son, de l’image, de la vidéo, des gestes et des bio-signaux. L’un des objectifs est de contribuer à la création de nouvelles activités dans les thématiques de l’institut, toutes centrées sur l’Intelligence Artificielle (capture de mouvements, recherche d’informations multimédias, espaces intelligents, réalité augmentée,…).

Après Ittention et Hovertone (dont il était question dans La Libre Entreprise du 10/11), c’est au tour de Depthen de sortir de l’ombre. Porté par Stéphane Dupont, ingénieur spécialisé en "machine intelligence", le projet bénéficie, depuis peu, de l’apport précieux d’une "vieille connaissance" de l’écosystème technologique montois en la personne de Laurent Renard. Durant près de quinze ans, ce dernier a révolutionné le monde des ultra-ralentis sportifs avec I-Movix. La success story s’était brutalement interrompue en début d’année (manque de fonds propres, marché mondial de l’audiovisuel en crise,…). Entrepreneur dans l’âme, Laurent Renard a rejoint le laboratoire de Thierry Dutoit avec, pour mission principale, de réussir la transition du projet scientifique Depthen - dont la cible est précisément le secteur audiovisuel - en réussite commerciale. Les choses n’ont pas traîné puisque, dès septembre, Depthen était présent à l’IBC (International Broadcasting Convention), à Amsterdam.

"Depthen permet d’enrichir des images par différents types de contenu (visuel, texte,…) grâce à l’Intelligence Artificielle et, plus particulièrement, au deep learning", résume Stéphane Dupont. Mais encore… ? Depthen prend la forme d’une plateforme en ligne qui, à travers toute une gamme de modules, permet à l’utilisateur d’intervenir sur des flux vidéo. Cela peut se faire sur des images d’archives comme sur des images live, avec des outils logiciels que l’on peut manier en temps réel.

La petite équipe de Depthen a déjà développé une série de modules et une interface de programmation. Le tout est actuellement en phase de test. On trouve déjà des modules de tagging (indexation automatique d’images "à la seconde" en fonction de mots-clés), d’identification de personnes, de colorisation d’images noir et blanc, de smart framing, etc. "Nous ajouterons d’autres modules, notamment en fonction de demandes spécifiques de clients. L’une des grandes forces de Depthen est de développer et de maîtriser tous ces outils de A à Z", indique Laurent Renard. Une autre force de la plateforme montoise est de pouvoir travailler en 24 langues !

Depthen n’a pas encore signé de contrats en bonne et due forme. Plusieurs proofs of concept sont toutefois en cours (notamment avec la RTBF) et, avec l’arrivée de Laurent Renard, la priorité va être de décrocher des premières références dans le monde de l’audiovisuel.


Avis du coach Roald Sieberath (Leansquare)

© MARIE RUSSILLO
Les deux ingrédients clés des quelques success stories technologiques wallonnes (Iris, IBA, EVS, …) sont connus : une maîtrise technologique de pointe et une pertinence de marché. Ces ingrédients, on les décèle sans trop de peine chez Depthen. L’excellence technologique de la recherche en IA, menée à l’UMons par Stéphane Dupont et ses équipes depuis plus de 10 ans. L’expérience des marchés broadcast de Laurent Renard, qui a mené les caméras I-Movix chez les plus grands diffuseurs TV. En mixant ces talents, on aboutit à des solutions de reconnaissance dans l’image vidéo à la pointe de ce qui est aujourd’hui possible. Les chaînes de télé, qui comptent dans leurs archives des millions d’heures de programmes, sont friandes de telles solutions, qui permettent une exploitation digne d’une agence de renseignement ! La solution de Depthen présente bien des atouts, en particulier une maîtrise d’outil qui permet toutes les customisations imaginables. Ce qui est particulièrement prometteur et réjouissant, c’est que cet acteur émergent peut tenir tête, et même surpasser, les grands acteurs (type GAFAM), auprès de clients qui préfèrent d’ailleurs les serveurs locaux plutôt que le cloud. Voilà une start-up particulièrement bien née… à suivre de près !

© IPM

Avis de l'expert Bruno Quinart (Orange Belgium)

© DR
Depthen dispose déjà d’un vaste portefeuille de technologies d’intelligence artificielle appliquées à l’image et à la vidéo. Né au sein de l’Université de Mons, le projet capitalise sur de nombreuses années de recherche. Il prévoit de maintenir des liens étroits avec UMons afin de développer plus avant des produits utilisant les dernières avancées en matière de recherche sur l’IA. La technologie développée par Depthen permet de décrire de manière autonome ce qui est visible sur les images et les vidéos et de les améliorer. Cela peut résoudre un large éventail de problèmes. Les produits de Depthen s’adressent aux archives, aux diffuseurs et aux agences d’images. La spin-off est aussi capable d’adapter le produit aux besoins des clients. Cela les positionne sur un créneau précis, mais le marché mondial devrait leur permettre de tirer parti d’un potentiel encore important. Un facteur de différenciation est que l’équipe de Depthen possède déjà une expérience approfondie du secteur. Depthen se trouve encore dans les premières phases de son développement commercial. Il lui faudra lever des fonds pour poursuivre le développement de ses produits et étendre son activité. Mais, avec une technologie de base solide, Dephten peut poursuivre son chemin.

© IPM