60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec, à chaque fois, leur portrait et les avis de Ben Piquard, directeur et coach chez LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Laurent Praet, directeur Banque des Entrepreneurs, et Marie-Cécile Van Ecke, directrice générale Retail & Private Banking à Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".


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PORTRAIT de P-Works

L’un est géologue, l’autre licencié en éducation physique. Sortis tous les deux de la VUB, Alistair et Jonathan Fronhoffs sont frères. Ils ont un même attachement aux valeurs environnementales et sociales. “Nous sommes tous les deux des idéalistes, mais aussi des réalistes”, disent-ils. En marge de leurs activités professionnelles (Alistair à la Vlaamse Milieumaatschappij, Jonathan dans un bureau d’études spécialisé en matière d’énergie et de construction durable), ils ont mis au point, mi-2011, un “accélérateur d’idées”. Baptisé “P-Works”, leur business modèle consiste à creuser des idées pour les transformer en projets brevetables ou à développer en nouant des partenariats. A ce jour, les deux frangins ont exploré une quinzaine de projets, dont quatre ont été développés. L’un d’eux, présenté lors de leur passage au “One Hour Challenge”, a pour nom “Smelly Challenge”. “Il est parti d’une expérience que de nombreuses personnes rencontrent : les mauvaises odeurs quand on porte des sandales du type Teva ou Patagonia.”. Comment faire en sorte de se débarrasser efficacement des mauvaises odeurs ? Sachant que le marché mondial des sandales de marche pèse entre 700 et 800 millions d’euros par an, l’enjeu n’a rien d’anecdotique ! Une bourse de préactivité décrochée en 2011 a permis au duo de mettre au point plusieurs prototypes de “sandalsock” (combinaison d’une semelle absorbante et d’attaches). Des contacts sont pris avec différents fabricants. Parallèlement, le duo entame les procédures de brevetage en Europe et aux Etats-Unis. “Là, on cherche des entrepreneurs qui voudraient se lancer dans le projet car notre objectif n’est pas de gérer toute une chaîne de production”, précisent Alistair et Jonathan. Avis aux amateurs…


AVIS DU COACH

  • En général:

Les frères Fronhoffs semblent développer leurs (nombreuses) idées à la façon d’un “start-up studio” qui ne dit pas son nom. Ils génèrent leurs idées, généralement pragmatiques, durables, puis les sélectionnent en plusieurs phases. Le projet “Sandalsock”, qu’ils nous présentent à titre d’exemple (même sous forme d’un “Minimum Viable Product”) est sans doute le plus mûr. Un besoin très terre à terre (les odeurs dans les sandales), une solution simple mais suffisamment originale que pour décrocher un brevet. La piste préférée est la cession de licence à des grands fabricants ou enseignes. La piste alternative est une machine qui permettrait le “retro-fit” de sandales existantes pour s’adapter à leur système.

  • Evaluation:

Idée :☺☺☺

Business modèle :☺☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺☺☺

  • Feedback:

On ne peut que saluer les objectifs de durabilité de ce duo fraternel, inventif et sympathique. Sur le développement du projet proprement dit : attention, le dépôt (ni même l’octroi) d’un brevet n’est pas la preuve que son idée peut devenir un business… Beaucoup semble suspendu à la volonté (ou non) de quelques grands groupes. Les frères veulent rester dans un mode B2B, à l’écart du B2C, ne veulent pas vendre eux-mêmes au client final. C’est un choix compréhensible, mais dommage, car il aurait permis d’apporter à la fois la validation et le financement par un crowdfunding.


AVIS DE L'EXPERT

  • En général:

L’idée présentée ici se nomme “Sandalsock”. Cette semelle, qui se clipse sur la plupart des modèles de sandales ouvertes, remplace une chaussette peu esthétique et permet de régler un souci d’odorat que certaines personnes pourraient rencontrer. La traction client doit absolument être développée car, pour l’instant, elle se résume à proposer un prototype pas encore totalement abouti. Le business model n’est pas bien défini. Les porteurs du projet hésitent entre lancer une production, vendre le brevet à un géant du secteur ou établir un partenariat alliant ces deux propositions. P-Works doit absolument continuer à tester et faire évoluer son produit, tout en récoltant les avis de futurs consommateurs sur la base d’une étude de marché plus large. Cela permettrait de prendre la bonne direction et d’adapter le business model. A ce stade, le projet n’est pas finançable en institution bancaire. Il pourrait sans doute attirer d’autres investisseurs pour accroître le développement du produit et tester le marché, ainsi qu’établir un prix juste.

  • Evaluation:

Idée :☺☺☺☺

Business modèle : ☺☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺