Les outils numériques (applications mobiles et sites Internet) de mise en relation et de rencontre entre personnes foisonnent. Il y en a pour tous les goûts (du plus professionnel au plus intime). Cela signifie-t-il, pour autant, qu’ils sont tous efficaces et qu’ils répondent tous aux besoins de leurs utilisateurs ? Loin de là. L’engouement pour tel réseau social ou tel site de rencontre en ligne peut rapidement retomber. Les exemples ne manquent pas. Un autre écueil est celui de la superficialité des rencontres, qui restent souvent virtuelles.

Avec Tapmeet, Cédric Constant se positionne sur le segment du "social networking", c’est-à-dire du réseautage entre amis (ou collègues). "L’ambition de Tapmeet est de rendre plus simple la planification de rencontres, que ce soit pour un lunch, un café, un afterwork, un brunch,… En quelques ‘taps’, il devient possible d’organiser une rencontre avec les personnes qu’on veut voir, à l’endroit souhaité et au moment voulu", explique ce consultant en stratégie de croissance.

Quand on lui rétorque qu’il est déjà possible d’organiser ce type de "bon plan" entre amis, par exemple en créant un "événement" sur Facebook, ou en créant un groupe sur Messenger (ou même WhatsApp), Cédric Constant répond que ces différents outils s’avèrent "très décevants", "insuffisamment personnalisés" et "peu efficaces" quand on veut mettre sur pied, et surtout concrétiser, des rencontres où "on prend un réel plaisir de passer du temps avec les personnes qui nous sont chères".

L’application Tapmeet, qui est actuellement testée auprès d’un nombre restreint d’utilisateurs, se présente donc comme une manière simple, rapide et conviviale de faire des plans et de se retrouver entre amis (collègues). "C’est un mélange simple et intuitif de chat, calendrier et Doodle (avec une carte géographique optionnelle)". Grâce à la synchronisation des différents paramètres introduits par les utilisateurs (activité, lieu, heure, participants,…), Tapmeet va avoir le triple avantage d’être aussi une "app" collaborative (les participants définissent ensemble les éléments de la rencontre), progressive (la nature de la rencontre, le lieu, les participants, etc., peuvent évoluer rapidement) et flexible (l’heure du rendez-vous, par exemple, peut être facilement modifiée et communiquée à tous).

Si Tapmeet se range avant tout dans la catégorie des applications "B2C", Cédric Constant et ses partenaires (dont quatre développeurs) y ont ajouté une couche "B2B". "L’idée est d’offrir une plateforme qui permet de développer des relations plus étroites entre des business locaux (cafés, restaurants,…) et leurs clients". Exemple concret : un bar branché de Bruxelles souhaite faire une offre promotionnelle (du style "happy hour"). L’offre est alors placée sur la plateforme Tapmeet et notifiée aux utilisateurs de l’application, ce qui peut les inciter à créer un "plan" entre copains ou collègues au départ de l’offre commerciale.

Pour l’heure, Tapmeet se construit autour de deux cibles privilégiées : les jeunes adultes (en fin d’études ou déjà actifs) et l’horeca (restaurants, bars et cafés). Mais l’idée, conclut Cédric Constant, est d’élargir le champ d’action vers d’autres types de marché (activities market, location intelligence,…) qui drainent énormément d’argent.


L'avis du coach Roald Sieberath (Leansquare)

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On rencontre parfois des projets dont on se dit "hmmm, en Belgique, ça risque de ne pas être pas évident, mais, en Silicon Valley, ça cartonnerait !". Tapmeet est l’un de ceux-là. Alors que l’utilisateur (et l’investisseur) belge reste frileux par rapport à de nouvelles applications (celles qui dépassent le million d’utilisateurs sont rares, alors que c’est la masse critique indispensable au succès en "B2C"). En Californie, on reste friand de nouveaux modes d’interaction, en particulier autour du messaging. Cédric Constant a une bonne approche. Il a apporté un grand soin à la préparation, à l’UX (User eXperience) de son app. La maturité de son approche du produit et l’exigence de sa démarche le placent bien au-dessus de la moyenne des start-up en Belgique ou, plus généralement, en Europe. Même si on peut saluer le grit (persistence) du fondateur et son implication, on a parfois l’impression qu’il manque encore un petit quelque chose (déclic, catalyseur, gimmick marketing) pour déclencher l’effet boule de neige. Certaines réponses n’apparaîtront qu’en réaction à des demandes et ajustements au marché. En conclusion, on a surtout envie de dire : lancez-vous !

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