Suez contestait la démarche en deux étapes de Veolia, composée d'une proposition d'achat faite le 30 août à Engie, principal actionnaire de Suez, avant le lancement d'une offre auprès des autres détenteurs de titres.

Le groupe assiégé avait saisi l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le 24 septembre, elle ne lui avait pas donné raison et il avait fait appel. Mais la cour d'appel a jugé qu'il n'y avait pas eu formellement "pré-offre" à Engie. "Le recours, mal fondé, doit être rejeté", conclut-elle dans un arrêt consulté par l'AFP.

Combat de géants

Suez et Veolia, entrés en guerre autour du projet de rachat de l'un par l'autre, ont multiplié les recours, et cet arrêt ne signe pas la fin de la bataille judiciaire. S'il avait abouti, celui-ci aurait toutefois pu être de nature à remettre en cause l'opération.

Jeudi, Suez à indiqué qu'il "accueillait favorablement le principe d'une médiation dans le cadre de la tentative d'offre publique de Veolia". "L'objectif sera également que la France conserve deux leaders mondiaux des services essentiels à l'environnement", ajoute le communiqué.

Le groupe de travail de l'Assemblée nationale dédié à l'affaire a sollicité "les deux entreprises pour qu'elles acceptent un médiateur neutre, connaisseur des enjeux industriels".

Veolia, qui a acquis le 5 octobre 29,9 % du capital de Suez auprès d'Engie, compte pour sa part mener à bien son projet de fusion.

"Nous sommes confortés dans nos droits sur l'acquisition des parts d'Engie, dans nos droits d'actionnaire et avons valablement déposé une OPA. Nous sommes bien évidemment toujours ouverts à une discussion sur un périmètre élargi autour de Suez Eau France, dans l'intérêt de la concurrence, comme nous l'avons toujours dit", indique le groupe, évoquant aussi des engagements sociaux pris devant la représentation nationale.

Une OPA a été lancée

Veolia a déposé lundi matin son OPA -hostile- auprès de l'AMF, sans avoir trouvé d'accord avec Suez en dépit d'une récente reprise de contacts.

Le dépôt s'est fait malgré une décision du tribunal de commerce de Nanterre, saisi par Suez et enjoignant à Veolia de suspendre sa démarche en attendant que soit tranchée au fond la question de ses précédents engagements d'"amicalité". Le groupe Veolia, basé à Aubervilliers, conteste cette ordonnance, et une audience est prévue mardi au tribunal de commerce.

L'intersyndicale de Suez quant à elle à rencontré jeudi des représentants des fonds GIP et Ardian, saluant "un projet pouvant fédérer, sans démanteler, forcément amical".

Ces deux fonds s'étaient dit prêts à financer un projet alternatif pour Suez, mais dans un cadre concerté avec Veolia.