C'est dimanche qu'un accord est intervenu entre les principaux dirigeants du groupe belge de construction Besix et les actionnaires de référence du groupe, à propos de la reprise de leur participation. Ce «management buy out» porte sur le rachat de plus de 50 pc de l'entreprise. Dans un communiqué diffusé hier, la société stipule que les repreneurs lanceront une OPA (Offre Publique d'Achat) sur les titres restants, le 30 avril au plus tard, au prix de 47,66 euros/pièce. L'action SBB (Société Belge des Bétons) devrait ensuite disparaître de la cote au terme d'une procédure dite de «squeeze out».

En pratique, les dirigeants - des cadres de l'entreprise - opèrent en association avec la société égyptienne OCI (Orascom Construction Industries cotée au Caire et à Londres) dans une société conjointe (MANOCI SA) pour le rachat des parts des familles Stulemeijer et Tytgadt, et pour celles des sociétés holding belges Koceram et Trustcapital (dirigées par l'homme d'affaires Christian Dumolin).

Le financement de l'opération est assuré par le groupe bancaire ING et, par Koceram. L'ensemble est gagé sur la valeur de l'entreprise, c'est pourquoi on parle ici d'un «leverage management buy out».

On sait que cette entreprise active dans le secteur de la construction au sens large, très présente au Moyen-Orient, souffrait des dissensions entre les représentants des familles actionnaires. La cession au management est donc apparemment une issue très positive pour les parties en présence. Et notamment pour le personnel. L'offre est effectuée à un prix dépassant de 20 pc le cours de clôture de l'action le 2 avril dernier et de 48 pc le cours de bourse moyen des 12 derniers mois. Fondamentalement, l'offre semble attrayante pour un groupe soumis aux aléas de la conjoncture. Mais il s'effectue en dessous de la valeur des fonds propres par action (54,65 euros fin 2002). Apparemment, ce n'est pas rare pour des entreprises du secteur dont la rentabilité est incertaine au fil du temps.

Une opération qui ne devrait à terme priver notre cote que d'une valeur généralement peu entourée, même si la Belge des Bétons affiche un chiffre d'affaires annuel de 776 millions d'euros. Mais dans le marché, on s'étonne de la forte progression du titre en Bourse - plus de 23 pc - dans les jours qui ont précédé l'annonce. Et on s'interroge sur le risque d'un éventuel délit d'initié.

© La Libre Belgique 2004