Lors du conseil d'entreprise de General Motors à Rüsselsheim (Allemagne), la direction de la maison mère d'Opel s'est prononcée sur le programme d'assemblage qu'elle entend confier à l'usine Opel d'Anvers. Et les nouvelles sont moins inquiétantes pour le site belge qu'il y a quinze jours.

Cette fois-ci, en effet, la direction de GM Europe s'est engagée à ce que l'usine anversoise produise deux modèles augmentant, du coup, la capacité totale à 120 000 véhicules par an. Il pourrait même être question d'un troisième modèle avec une production allant de 30 000 à 60 000 voitures supplémentaires. "Mais ce n'est là qu'une ouverture possible, rien n'est certain, même si nous l'espérons tous très fort", explique Walter Knop, secrétaire général de la CSC-Métal.

Cela suffira-t-il à satisfaire les équipes dans l'usine ? Les délégués syndicaux ont transmis la nouvelle à l'équipe de nuit qui a décidé de ne pas reprendre le travail. D'après Rudi Kennes, délégué syndical FGTB, "les ouvriers ont perdu confiance en la direction". Il y a quinze jours, les syndicalistes étaient rentrés d'Allemagne déçus, avec comme seule certitude la promesse de pouvoir assembler 80 000 Chevrolet après 2010. "Insuffisant", disaient-ils. Ils avaient été suivis par leur base qui avait arrêté le travail. La grève lancée le jeudi 26 avait d'ailleurs été prolongée jusqu'à hier, après l'annulation de la réunion qui devait revenir sur le sujet litigieux. Celui-ci avait été postposé à l'ordre du jour d'une nouvelle rencontre entre syndicats et direction de GM Europe, ce mardi en Allemagne. Quels modèles seront finalement confiés aux Anversois ? "En plus de la Chevrolet dont on parlait déjà la fois dernière", détaille encore Walter Knop , "Opel Anvers devrait assembler un nouveau modèle d'Opel qui reste à déterminer. Quant au troisième possible modèle, il est trop tôt pour en parler." Plutôt que de satisfaction, il semble plus opportun de parler de soulagement. "Nous voulons être un peu positifs", nous déclarait Walter Knop sur la route du retour vers Anvers. "Même si 120 000 modèles représentent encore des pertes d'emploi substantielles."

Quoi qu'il en soit, pour le représentant syndical, les pressions exercées tant par les autorités politiques (le Premier ministre Guy Verhofstadt avait rencontré les dirigeants du groupe) que par les ouvriers (la grève sur le site, mais aussi les actions menées en solidarité par les employés de plusieurs entreprises devant le siège de GM Bruxelles, mardi) ont déjà payé.

La restructuration d'Opel Anvers avait été annoncée le 17 avril par la direction de GM Europe. Le site belge n'était pas retenu pour produire la nouvelle génération d'Opel Astra, après 2010. Une décision qui correspond à la suppression de 1 400 emplois sur les 5 100 que compte le site aujourd'hui.