Plus de neuf mois après les premières rumeurs de fermeture éventées par la presse allemande, l’avenir du site anversois du contructeur automobile Opel reste plus que jamais sombre: Nick Reilly, le responsable des opérations européennes du constructeur General Motors, a d’ailleurs reconnu en présentant hier le plan de restructuration de sa filiale européenne que le sort d’Anvers est "incertain".

L’incertitude devrait toutefois être levée dans les deux à trois semaines: d’ici là, un groupe de travail doit réfléchir aux différentes options pour le site d’Anvers.

Si Anvers devait bel et bien obtenir la production de 4X4 légers, la casse sociale pourrait être limitée à 750 emplois. En cas de fermeture du site de production, entre 2 000 et 2 300 emplois seraient perdus, selon les informations fournies par les syndicats à l’issue de leur rencontre avec Nick Reilly.

Rien n’est donc encore définitif. "Nous avons un plan, mais aucune décision définitive n’a été prise car nous entrons maintenant dans une phase d’échange d’informations et de consultations", a expliqué Nick Reilly.

Le sort du site d’Anvers n’en paraît pas moins lourdement lesté: la volonté de GM est de supprimer environ 9 000 emplois en Europe, sur un total de 50 000 salariés. "Globalement, nous allons réduire nos capacités de 20%", a encore souligné le patron de GM pour l’Europe.

Or, pour arriver à ce total de 9 000 pertes d’emploi dont environ 5 000 en Allemagne et 900 en Espagne... le site d’Anvers doit quasiment passer à la trappe.

Le salut pourrait bien entendu venir de la production, promise, de 4X4, qui prendrait le relais de la fin de la production de l’Opel Astra, prévue dans les prochains mois. Mais voilà, cette arrivée est désormais elle aussi incertaine. Lors d’une réunion tenue lundi entre le patron de GM Europe et des responsables politiques, dont le ministre-Président flamand Kris Peeters, Nick Reilly avait remis en cause l’arrivée de la production de ce nouveau modèle.

Or, l’assemblage des SUV avait été présenté en 2007 comme une compensation à l’arrêt de la production de l’Astra. Il est ensuite apparu que l’arrivée de ces modèles 4X4 ne pourrait jamais se faire pour 2010, comme prévu initialement.

Il faudrait donc un miracle, ou presque, pour que le site d’Anvers poursuive ses activités d’assemblage. Kris Peeters veut, en tout cas, encore y croire. "Je refuse de me résigner à la fermeture de l’usine Opel d’Anvers et je mettrai tout en œuvre au cours des prochaines heures, journées, semaines et mois afin que l’entreprise ait un avenir durable", a-t-il déclaré mercredi devant le Parlement flamand.

La Région flamande propose une aide de 500 millions à GM pour éviter la fermeture du site anversois. Les différents pays accueillant des sites d’Opel doivent se retrouver la semaine prochaine pour coordonner les aides publiques en faveur d’Opel. GM espère que ces pays vont l’aider à financer son plan de restructuration, estimé à quelque 3,3 milliards d’euros.

Les syndicats comptent pour leur part combattre le plan de GM : éviter la fermeture de sites - seul Anvers serait finalement concerné, alors qu’une usine allemande semblait voilà peu condamnée - et les licenciements secs. Le secrétaire du comité d’entreprise, Klaus Franz, a critiqué ce plan de restructuration. Les représentants du personnel "n’accepteront pas cette approche qui consiste à mener la restructuration d’Opel essentiellement aux dépens de la Belgique et de l’Allemagne", a-t-il déclaré.

Nick Reilly a reconnu que le plan de réorganisation contenait "certaines décisions difficiles".

Pour Opel Anvers, une course contre la montre est désormais lancée pour sauver le site. Voilà de longs mois déjà que syndicats et personnel politique fourbissent leurs armes pour vanter les mérites du site anversois, notamment en terme de productivité.

Sera-ce suffisant pour convaincre GM de faire marche arrière? Nick Reilly a souligné mercredi que cette restructuration "ne signifie pas que des individus ou des groupes d’individus font mal leur travail". C’est bien plus injuste pour les personnes concernées: "I l s’agit juste de faire face aux réalités du marché actuel".