Le constructeur automobile General Motors a informé jeudi les syndicats d'Opel à Anvers (nord) de son intention de fermer l'usine et licencier ses 2.600 salariés, a annoncé à l'AFP un responsable syndical.

"La direction a fait part durant le conseil d'entreprise de son intention de passer au licenciement collectif des 2.600 salariés et à la fermeture de l'usine", a déclaré au téléphone Walter Cnop, secrétaire général de la branche Métal du syndicat chrétien CSC.

"C'est un drame total pour les travailleurs et l'industrie belge", a-t-il déploré, au sujet d'une décision qui met ainsi un terme à un suspense pénible pour le personnel de cette unité d'Opel.

M. Cnop a également dénoncé "l'arrogance" de la direction et une décision "basée sur des éléments politiques et nulle part économiques". Les salariés d'Opel attendaient depuis des mois les détails et notamment la répartition géographique du plan de restructuration prévu par GM, qui doit se solder par la suppression de quelque 8.300 emplois sur près de 50.000 en Europe.

L'usine d'Anvers, qui compte environ 2.600 salariés, était considérée depuis le début comme la plus menacée.

Les syndicats de l'usine, qui s'attendaient à l'annonce de la fermeture, avaient entamé mercredi après-midi un blocus du site pour en empêcher les voitures neuves de sortir. Ce blocus est maintenu, a précisé M. Cnop. "C'est notre stock de guerre", a-t-il commenté.

Avec les sous-traitants : 5.000 au compteur

Quelques sous-traitants sont particulièrement touchés par la fermeture d'Opel Anvers. Agoria, la fédération de l'industrie technologique, estime à au moins 5.000 le nombre d'emplois d'ouvriers industriels menacés dans la région, y compris les emplois d'Opel Anvers, a appris l'Agence Belga auprès du porte-parole d'Agoria, René Konings.

A court terme, précise toutefois la fédération, la majorité des fournisseurs d'Opel Anvers seraient relativement épargnés puisqu'ils fournissent également les autres usines européennes du groupe ainsi que d'autres constructeurs automobiles.

Quant aux conséquences à moyen ou à long terme pour les filiales de multinationales livrant des pièces à Opel, "les sous-traitantss ont déjà subi les effets de la crise dans le secteur, avec des baisses jusqu'à 40 pc de production et de chiffre d'affaires", selon René Konings.

Le personnel est informé par lettre

Une lettre adressée au personnel mentionne que le site anversois d'Opel ne s'est pas vu attribuer la construction d'un nouveau modèle et que l'entreprise a l'intention de procéder à un licenciement collectif et la fermeture éventuelle de l'usine anversoise. La direction évoque une crise économique jamais connue jusque là et la surcapacité générale. Pour cette raison, le plan initial, qui prévoyait la fabrication d'un SUV, n'est plus d'actualité.

Rappel: ce matin

Le conseil d'entreprise extraordinaire d'Opel Anvers avait commencé ce jeudi vers 10h30. La direction pouvait y annoncer la fermeture de l'usine anversoise. A 11h, direction et syndicats devaient informer le personnel dans la cafétéria. Les médias, tant belges qu'étrangers, étaient présents en masse aux portes de l'usine anversoise.

Prochaine réunion du groupe de travail

Le groupe de travail Opel se réunira ce jeudi à 17h au cabinet du ministre-président Kris Peeters (CD&V), place des Martyrs à Bruxelles, a fait savoir le porte-parole du ministre-président. Ce groupe associe les ministres Ingried Lieten (sp.a) et Philippe Muyters (N-VA), des représentants syndicaux et de la fédération patronale Agoria ainsi que des fonctionnaires.