Une autonomie accrue pour Opel et 3,3 milliards d’euros d’aides publiques : le constructeur General Motors (GM) a présenté vendredi les grands axes du plan de sauvetage de sa filiale allemande, très attendu par le gouvernement d’Angela Merkel. Pour survivre, Opel, qui emploie près de 26 000 personnes en Allemagne, aurait non seulement besoin de 3,3 milliards d’euros des pouvoirs publics, mais aussi de 3 milliards de sa maison-mère américaine, tout en devant réaliser environ 1 milliard d’économies.

" Nous avons besoin des trois parties du plan " pour en garantir le succès, a prévenu Carl-Peter Forster, le patron des activités européennes de GM, à l’issue d’un conseil de surveillance d’Opel organisé vendredi à Rüsselsheim, près de Francfort. Aucune décision n’a été encore été prise sur un plan social ou une éventuelle fermeture de site. " Mais c’est un fait que nous nous trouvons dans une situation économique exceptionnelle et que nous devons éventuellement envisager des fermetures de sites ", a-t-il dit, cité dans un communiqué.

Parallèlement, GM Europe a ouvert la voie à une autonomie d’Opel vis-à-vis de sa maison-mère. " Les activités d’Opel en Europe" seront regroupées au sein d’une entité indépendante, a annoncé M. Forster. GM Europe reste "ouvert " à des partenariats et des participations de tiers mais insiste pour qu’Opel reste dans le groupe, selon son patron. Il a ainsi en partie répondu à une revendication martelée par les syndicats, qui jugent GM responsable de la débâcle financière d’Opel. " Après 80 ans, GM est prêt à céder des parts d’Opel ", s’est ainsi félicité Klaus Franz, responsable du comité d’entreprise européen.

Pas de faux espoirs

La communication de ce plan de sauvetage était également très attendue en Belgique. L’usine Opel d’Anvers emploie, en effet, 2 600 personnes. Et son avenir semble particulièrement compromis. Ainsi, selon le magazine allemand "Auto Motor und Sport", le site d’Anvers se trouverait même en tête de liste des victimes potentielles en cas de fermeture d’un site européen.

Pour la ministre flamande de l’Emploi, Patricia Ceysens, ce plan de sauvetage est toutefois "un pas dans la bonne direction" , même s’il ne résout pas tous les problèmes. " C’est un pas dans la bonne direction et on ne donne pas de faux espoirs. Une entité européenne serait aussi déficitaire" , a expliqué la ministre. Concernant une aide de la Flandre pour atteindre les 3,3 milliards d’euros demandés par GM Europe, la ministre Patricia Ceysens a rappelé que la Flandre " restait ouverte à condition qu’il y ait un business plan très solide et qui montre comment les problèmes pourraient être résolus" .

"Nous insistons sur le fait que le projet d’avenir pour GM en Europe ne doit pas conduire à des licenciements ou fermetures d’usines ", a de son côté déclaré vendredi Rudi Kennes, délégué permanent de la FGTB. " Anvers doit faire partie de ces projets ", a-t-il ajouté.

Trois modèles d’Opel Astra sont assemblés à Anvers. La production était à l’arrêt cette semaine pour cause de chômage économique.

Le dirigeant syndical allemand Klaus Frantz plaide, de son côté, pour que les éventuelles suppressions d’emplois soient partagées entre différentes usines comme Bochum en Allemagne, Anvers en Belgique et Ellesmere Port en Grande-Bretagne afin d’éviter des fermetures pures et simples de sites.

Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement allemand, a lui déclaré que d’" intenses consultations" étaient nécessaires entre les pays concernés. " Des décisions nationales doivent être préparées et les intérêts contradictoires doivent être gérés avec sagesse au niveau de l’Union européenne", a-t-il encore ajouté.

GM emploie au total 55 000 personnes en Europe.