Les aides publiques promises par Berlin pour la reprise du constructeur automobile Opel par l'équipementier austro-canadien Magna International, posent de plus en plus question, affirme le magazine allemand 'Der Spiegel" dans son numéro à paraître lundi.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel souligne ainsi un détail qui a son importance: le site d'Anvers devrait fermer ses portes, alors qu'il est plus rentable que celui de Bochum (ouest de l'Allemagne), appelé à rester ouvert, ce qu'interdit la législation européenne.

Selon 'Der Spiegel', le gouvernement allemand aura grande peine à faire approuver la reprise par Magna par la Commission européenne. Le risque existe que d'autres pays comptant des implantations Opel (Belgique, Espagne, Pologne ou Grande-Bretagne) fassent objection aux aides publiques que Berlin a promis d'apporter au projet Magna.

Le magazine souligne encore un détail important découvert lors de l'étude des documents remis par Magna et Berlin à la Commission, qui pourrait mettre en péril l'approbation du dossier. L'usine Opel d'Anvers est en effet plus rentable que celle de Bochum, alors qu'Anvers devrait fermer ses portes et Bochum resterait ouvert. Or, une telle décision économique est interdite par la législation européenne en cas d'intervention financière du gouvernement.

L'Allemagne a promis 4,5 milliards d'euros d'aides publiques pour aider à sauvegarder Opel qui doit être vendu par le groupe amérciain General Motors à la firme canadienne Magna, associée à la banque russe Sberbank. Le 'Spiegel' révèle encore que les pertes d'emplois dans les usines allemandes du constructeur automobile Opel pourraient être plus importantes que prévu selon les projections faites par Magna.

En plus des 3.000 emplois qui devraient disparaître dans les unités de production, quelque 1.100 fonctions administratives devraient passer à la trappe, ajoute l'hebdomadaire, citant des plans élaborés par Magna.

Au total, Magna compte supprimer 10.000 emplois en Europe, dont 2.000 à Anvers. General Motors emploie 50.000 personnes en Europe. Après plusieurs mois d'incertitudes, le groupe américain General Motors (GM) a annoncé jeudi qu'il avait choisi le consortium russo-canadien, composé de Magna et de la banque russe Sberbank, pour reprendre 55% de sa filiale allemande Opel et de sa marque jumelle britannique Vauxhall. La moitié des quelque 50.000 personnes employées par Opel le sont en Allemagne.

L'offre de Magna avait de longue date la préférence de Berlin car elle promettait de conserver davantage d'emplois que celle de son rival, le holding RHJ International, basé à Bruxelles.

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé, dans une interview publiée samedi, que la Commission européenne se doit d'approuver l'aide publique promise par Berlin pour assurer la survie d'Opel. "Il est tout à fait justifié que la Commission à Bruxelles approuve les garanties qui doivent être accordées par le gouvernement fédéral et quatre Etats allemands et auxquelles d'autres Etats européens doivent être associés", a affirmé Mme Merkel au quotidien 'Süddeutsche Zeitung'.