Bien que l’usine Opel d’Anvers ne soit pas citée dans le plan de sauvetage présenté mardi soir par le constructeur automobile General Motors au gouvernement américain, l’usine de GM en Belgique ne semble pas entièrement tirée d’affaire pour autant. Loin de là. Des réductions de coûts devront en effet avoir lieu en Europe et des fermetures d’usines ne sont pas exclues à cet égard.

Selon GM, des réductions de coûts doivent en effet être réalisées en Europe pour un montant de 1,2 milliard de dollars, soit quelque 950 millions d’euros. "Dans ce plan, figurent plusieurs possibilités de fermetures ou de cessions de sites de production à coûts élevés", explique le constructeur automobile. Le plan de GM prévoit en outre la suppression cette année de 47 000 emplois dans le monde, dont 26 000 en dehors des Etats-Unis. Quelle sera la part européenne ? On l’ignore encore.

Dans ce contexte, le scénario d’une reprise de tout ou partie des activités de GM Europe a fait son chemin depuis le début de la semaine. La direction de General Motors s’est en effet dit prête, mercredi, à vendre partiellement ses marques Vauxhall et Opel. Des discussions en ce sens sont actuellement en cours, avec l’objectif de voir "comment peuvent être évitées les suppressions d’emplois et les fermetures d’usines", selon une déclaration commune de la direction de GM Europe et du comité d’entreprise européen. La direction est aussi "prête à négocier sur des partenariats et des participations de tiers", si "cela fait sens pour le succès durable de GM Europe et d’Opel".

Comme on le lira également ci-dessous, les autorités belges envisagent sérieusement le scénario d’une structure Opel purement européenne, pour autant évidemment que le site anversois de la marque y trouve sa place. La Région flamande s’est dit prête à envisager un éventuel apport de capital au sein d’une telle structure, à l’instar de ce que pourraient faire le gouvernement fédéral allemand et les autorités de quatre Länder concernés par la restructuration de General Motors Europe. Selon Rudi Kennes, délégué FGTB à l’usine Opel d’Anvers, pas moins de 3 milliards d’euros seraient nécessaires pour créer une structure indépendante pour GM Europe. Le syndicaliste a dit espérer, hier, l’apport de 250 à 300 millions par le gouvernement flamand, et 2 milliards en provenance d’Allemagne.

La piste européenne, si elle est évidemment de nature à redonner espoir aux 2 700 employés d’Opel Anvers et aux 26 000 de leurs collègues allemands, n’est toutefois qu’une hypothèse de travail à ce stade. La chancelière Angela Merkel a ainsi fait savoir qu’Opel devrait d’abord présenter un plan qui détaille sa vision de développement du groupe avant que Berlin ne puisse envisager de lui accorder une aide publique. Quant au ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, il s’est montré sceptique quant à la possibilité d’une entrée de l’Etat allemand dans le capital d’Opel On le voit, rien n’est encore joué.