Libre Eco Week-end | Start-up de la semaine 

Opinum, start-up du Brabant wallon spécialisée dans la gestion des dépenses énergétiques, engrange de plus en plus de clients de référence à l'étranger.

Dans le monde des entreprises, il y a ceux qui parlent de transition énergétique et de réduction de leur empreinte carbone. Ils sont nombreux. Il y a aussi ceux qui y contribuent au quotidien, à la fois au sein même de leur entreprise mais aussi en aidant d’autres à migrer vers des modes de gestion plus durables. Ceux-là sont nettement moins nombreux. Opinum, start-up de Mont-Saint-Guibert fondée à l’automne 2014, en fait clairement partie.

Loïc Bar, cofondateur et CEO d’Opinum depuis cinq ans, résumait sa vision dans une chronique parue le 2 mars dans La Libre Eco . Il y expliquait notamment que, lors de son dernier conseil d’administration, il avait présenté un plan financier intégrant le coût du CO2 comme nouveau paramètre à prendre en compte pour le pilotage de l’entreprise. Désormais, chez Opinum, chaque décision devra être prise en fonction d’indicateurs prenant aussi en compte le coût nécessaire à la compensation du CO2 de l’action visée.

Opinum définit sa mission de façon très claire (ce qui est toujours bon signe pour une entreprise) : aider ses clients à contribuer aux objectifs durables des Nations Unies en leur fournissant "Opinum Data Hub". Au croisement du big data (collecte et traitement de données), de l’Internet des objets (IoT) et de l’Intelligence artificielle (IA), ce hub Web permet, de façon sécurisée centralisée et automatisée, de rendre compréhensibles et utilisables de grosses quantités de données relatives aux dépenses énergétiques (eau, gaz, électricité, etc.) de bâtiments et de sites industriels. Des données précieuses pour toute entreprise voulant réduire sa facture énergétique et son empreinte carbone.

Opinum, qui tourne toujours en mode start-up avec une équipe de 15 personnes, est parvenue à engranger assez rapidement des contrats auprès de grosses "boîtes" belges telles que Proximus, Colruyt (via sa filiale Eoly) ou EDF Luminus. À partir de 2018, la jeune pousse wallonne a entamé une stratégie d’internationalisation de ses activités, en commençant par le marché français et en ciblant les acteurs de l’énergie et de l’environnement.

"En 2019, nous avons réalisé 70 % de notre chiffre d’affaires en dehors de la Belgique, précise Loïc Bar. Nous touchons surtout des entreprises actives en France, comme le groupe Socomec, Solvay Energy Services, Schneider Electric, Bouygues. Mais nous avons aussi décroché des premiers contrats hors de l’Union européenne, comme en Suisse, en Afrique du Sud, au Vietnam. En 2020, nous voulons à la fois maximiser notre potentiel de croissance en France et aller chercher des clients dans des nouveaux marchés européens. On vise notamment l’Angleterre".

Internationalisation, rentabilité et innovation: priorités de 2020

Le CEO d’Opinum reste assez discret sur les revenus de la société. "Sur la vente de licences (nécessaires pour accéder à la plateforme Opinum Data Hub, NdlR), la croissance de nos revenus a dépassé 100 % en 2019. Parallèlement, on a connu un recul de l’ordre de 20 % des revenus de services et on a aussi beaucoup investi en interne pour améliorer notre structure de coûts et la rentabilité des contrats que l’on signe". Pour 2020, Loïc Bar prévoit à nouveau une forte croissance du chiffre d’affaires, "de l’ordre de 100 %", qui devrait permettre à Opinum de passer la barre du million d’euros de chiffre d’affaires (dont 80 % hors de Belgique) et de se rapprocher du seuil de rentabilité.

Opinum annoncera aussi, dans les mois à venir, le lancement d’une marketplace devant permettre à des sociétés, qui développent des algorithmes (Intelligence artificielle), de s’intégrer au "Opinum Data Hub" pour vendre leurs solutions à des clients (avec le prélèvement d’une commission par Opinum).

Ce qu'il encore savoir sur Opinum

Société: Opinum a été fondée en 2014, sur le socle de deux autres sociétés (The Smart Company et Decision Experts), par Loïc Bar, Georges Legros, Alexis Isaac et Mark Turcksin.

Investisseurs: SRIW, Sambrinvest, Inventures et “business angels” (Bruno Vanderschueren, Stefan Grosjean).

Site: https://www.opinum.com