"KBC est aujourd'hui un groupe totalement différent de celui qui existait avant la crise de 2008 et des règles très strictes ont été mises en place, depuis 1998 et les suites de l'affaire KB-Lux, en termes de politique de prévention fiscale", a affirmé Johan Thijs, l'administrateur délégué de KBC, lors de son audition, mardi après-midi, devant la commission spéciale de la Chambre consacrée aux 'Panama Papers'. 

"Repentance et transparence" ont marqué cette 2e audition de la journée, ont souligné plusieurs parlementaires tandis que d'autres, dont Kristof Calvo (Groen), ont regretté "l'absence de réponses sur la politique menée auparavant". "On ne peut pas réécrire l'histoire mais on peut changer l'avenir. Aujourd'hui, ce que nous pouvons dire, c'est que nous ne donnons aucun conseil et nous n'apportons pas notre soutien, même pas en les adressant à des firmes spécialisées, à nos clients en matière de structures offshore qui pourraient être mises sur pied afin qu'ils échappent à leurs obligations fiscales", a répété l'administrateur délégué de KBC.

"De ce que nous savons et d'après les informations disponibles, KBC peut confirmer qu'elle n'a pas aidé, de quelque manière que ce soit, à créer des structures dans des centres offshore par l'intermédiaire du cabinet d'avocats Mossack Fonseca - dont sont partis les Panama Papers, ndlr - ou d'autres cabinets du même genre", a-t-il ajouté.

Quant à KBL European Private Bankers (epb) et ses filiales, "elles ont scrupuleusement respecté les lois d'application au Luxembourg", a encore expliqué Johan Thijs. Branche de banque privée du groupe belge jusqu'en 2012, KBL epb a participé à la création de structures offshore en Suisse, à Monaco et au Royaume-Uni.

KBC, de son côté, a confirmé être encore présents dans les îles Caïmans via deux sociétés qui ne disposent pas de licence bancaire, dans les îles Vierge britanniques via une société dont la liquidation a été initiée en 2016, ou encore en Irlande et au Luxembourg où les sociétés concernées sont taxées selon les règles locales.

"Nous avons mis en place une politique d'intégrité qui prévaut sur les autres politiques et qui prévoit que les collaborateurs de KBC connaissent leurs clients et leurs transactions", a encore assuré Johan Thijs.

Selon ce dernier, le groupe a refusé 154 clients en 2015 et a mis un terme aux relations commerciales avec 1.453 autres, notamment pour fraude. Enfin, 1.909 signalements ont été adressés à la CTIF, l'organe chargé d'examiner les transactions financières douteuses. "Un nombre élevé mais qui découle du manque de précision de la définition de fraude fiscale grave. La législation n'étant pas claire, les banques se tournent vers la CTIF dès qu'elles ont un doute", a conclu Dag Wyntin, general manager en charge de la fiscalité chez KBC.