Le transporteur à bas coûts a annoncé dans un communiqué lundi avoir subi une perte nette de 185 millions d'euros lors du premier trimestre de son exercice décalé.

Le groupe explique n'avoir jamais connu un trimestre si défavorable durant ses 35 ans d'histoire.

Il limite pourtant un peu la casse après avoir prévenu en mai que sa perte pourrait atteindre 200 millions d'euros sur la période.

Le nombre de passagers transportés a été réduit quasi à néant à 0,5 million, contre 42 millions au premier trimestre un an plus tôt quant il avait réalisé un bénéfice net de 243 millions d'euros.

Les confinements et la fermeture des frontières en Europe ont mis un coup d'arrêt brutal au trafic aérien à partir de la mi-mars, si bien que jusqu'à juin, plus de 99% des avions de Ryanair sont restés au sol.

Son chiffre d'affaires s'est effondré à 125 millions d'euros, contre 2,312 milliards un an plus tôt.

Ryanair a repris ses vols depuis le 1er juillet, période cruciale avec les départs en vacances et mois au cours duquel la compagnie devrait tourner à 40% de ses capacités habituelles, avant de monter en puissance et d'atteindre 70% en septembre.

La compagnie ne compte transporter que 60 millions de passagers sur l'ensemble de son exercice 2020-2021 (clos fin mars), soit une baisse de 60%.

Le groupe s'est par ailleurs une nouvelle fois emporté contre les aides d'Etat qui ont bénéficié à certaines compagnies aériennes en Europe et faussent la concurrence selon lui.

"La direction a pris des mesures pour réduire les coûts à long terme mais a peur que cela ne suffise pas pour concurrencer les compagnies qui ont reçu le soutien de gouvernement", souligne William Ryder, analyste chez Hargreaves Lansdown.

"Dans tous les cas, ce qui compte le plus c'est une reprise de la demande d'ici le prochain été", complète-t-il.

Une deuxième vague redoutée

Mais à plus court terme, son programme de reprise pourrait être perturbé par la décision du gouvernement britannique d'imposer une quarantaine pour les voyageurs en provenance d'Espagne.

Cette mesure inquiétait les investisseurs et faisait plonger de 5,96% à 10,25 euros le titre de Ryanair à la Bourse de Dublin vers 09H00 GMT, comme ceux de ses concurrentes à Londres.

Pour faire face au choc de la pandémie et à une demande qui devrait être déprimée pour un moment, le groupe a annoncé récemment un plan de restructuration qui passe par la suppression de 3.000 emplois soit 15% de ses effectifs.

Ryanair explique avoir trouvé des accords avec des syndicats pour réduire les salaires, comme au Royaume-Uni et en Allemagne, ce qui devrait permettre de limiter les suppressions de postes.

Le groupe dit disposer d'une trésorerie parmi les plus solides du secteur, à 3,9 milliards d'euros, qu'il préserve en réduisant les coûts et les dépenses.

En outre malgré les incertitudes sur le retour dans le ciel du Boeing 737 MAX, Ryanair continue de miser sur l'appareil qui doit permettre à la compagnie d'accompagner sa croissance tout en limitant les émissions polluantes et les coûts.

Ryanair, qui aurait dû recevoir son premier avion il y a plus d'un an, pour en avoir environ 40 dans sa flotte en 2021, espère désormais en obtenir livraison avant la fin 2020.

Ryanair précise enfin ne pas pouvoir donner d'objectif de résultats sur l'exercice et explique qu'une deuxième vague de Covid-19 à l'automne en Europe est sa principale crainte à l'heure actuelle.

Il s'attend toutefois à une perte moins lourde au deuxième trimestre grâce à la reprise du trafic.

Au-delà de Ryanair, c'est l'ensemble du secteur qui est lourdement frappé par la crise et notamment ses concurrentes britanniques comme EasyJet et British Airways qui ont annoncé respectivement 4.500 et 12.000 suppressions d'emplois.

La plus en difficultés jusque-là était Virgin Atlantic qui est parvenu mi-juillet à boucler un plan de recapitalisation de 1,2 milliard de livres afin d'éviter une faillite.