Les Bourses européennes ont poursuivi leur glissade jeudi, enfonçant même pour certaines, comme Londres ou Paris, leur plancher de l'année, alors que les inquiétudes continuent autour de la crise des prêts hypothécaires à risques aux Etats-Unis (subprime mortgage).

A Londres, l'indice Footsie-100 des principales des valeurs de la place, a subi l'une des plus fortes baisses en Europe en abandonnant 250,4 points, soit 4,10% par rapport à la clôture de mercredi, à 5.858,90 points.

Il s'agit de son plus bas niveau en séance depuis le 26 septembre et de son plus bas niveau en clôture depuis le 25 septembre. Sur la place de Paris, le CAC 40 a perdu 3,26% à 5.265,47 points, soit son plus bas de l'année, dans des échanges soutenus avec plus de 10 milliards d'euros. La Bourse suisse a également clôturé en forte baisse, l'indice SMI de ses 25 valeurs vedettes cédant 2,76% à 8.422,28 points, là encore son plus bas niveau depuis le début de l'année. Madrid a perdu 3,72% à 13.979,7 points, tandis que Francfort cédait 2,36% à 7.270,07 points et Bruxelles 3,06% à 3.989,06 points. "Il y a presque un vent de panique, le mot commence à circuler sur les marchés", a confié à l'AFP un vendeur d'actions à Paris ayant requis l'anonymat.

De manière générale, "la confiance du marché recule et les acteurs sont incapables de se calmer", selon Kazuhiko Shibat, de la Dresdner Bank, d'autant que "l'étendue du problème reste difficile à évaluer et que l'aversion au risque devrait continuer". Face à cette crise qui s'amplifie, le président français Nicolas Sarkozy a écrit à la chancelière allemande Angela Merkel, qui assure la présidence du G7, pour demander aux dirigeants des sept pays les plus industrialisés d'adopter des mesures pour renforcer la "transparence du fonctionnement des marchés". M. Sarkozy propose que les ministres des Finances du G7, "en liaison" avec les Banques centrales, le Forum de stabilité financière et le FMI, y travaillent et remettent un "rapport d'analyse et de propositions lors de leur réunion d'octobre prochain à Washington".

La Réserve fédérale américaine (Fed) est de nouveau intervenue jeudi en injectant 17 milliards de dollars supplémentaires dans le circuit monétaire pour empêcher une contraction des sources de crédit découlant de la crise du subprime. Plus tôt, la Banque du Japon avait mis 400 milliards de yens (2,5 milliards d'euros) à la disposition des marchés