Rendez-vous en 2020

L’Allemagne ne se dotera pas dans l’immédiat d’une loi imposant un quota féminin au conseil de surveillance des entreprises. Au Bundestag, les députés de la coalition chrétienne-libérale ont rejeté une initiative rouge-verte en faveur d’une quote-part obligatoire de 20 % en 2018 et de 40 % en 2023. Cependant, pour empêcher des femmes députées CDU de voter avec l’opposition, la chancelière Merkel et les autres dirigeants de la CDU ont dû leur promettre un quota légal de 30 % pour 2020. Si la CDU remporte les élections de septembre, elle adoptera une loi correspondante qui entrera en vigueur en 2020, si les entreprises n’ont pas atteint volontairement ce score d’ici là. A son dernier congrès la CDU avait encore rejeté tout quota obligatoire. En réalité, la situation dans les entreprises est beaucoup moins dramatique que ne le suggère le débat politique. Selon l’organisation féminine Fidar, fin mars dans les 160 sociétés cotées en Bourse, les femmes occupaient 16 % des sièges au conseil de surveillance contre 13 % un an auparavant. Même sans loi, le quota des 20 % réclamé par la gauche devrait être facilement dépassé en 2018. Au directoire, organe dirigeant de l’entreprise, seulement 6 % sont des femmes (mars 2012 : 3,4 %). "Mais où diable vais-je trouver une femme pour le directoire ?" , s’était exclamé devant des journalistes le président du directoire d’un grand groupe de construction. La part plus élevée des femmes au conseil de surveillance s’explique par le système de cogestion. La moitié des sièges y sont occupés par le côté ouvrier, qui nomme beaucoup de femmes. Dans plus d’un quart des 160 entreprises, il n’y a aucune femme au conseil de surveillance. D’un autre côté, Fidar loue spécialement Telefónica Deutschland, où il y a parité au conseil de surveillance; selon l’organisation Allianz, Deutsche Post, Deutsche Telekom et Henkel s’efforcent de promouvoir des managers féminins.M.L., en Allemagne