Pieter Donck, directeur de la branche automobile d'Agoria, reste confiant malgré l'actualité.

La suite des événements chez VW vous inquiète-t-elle ?

Ce drame ne doit pas cacher la bonne prestation du secteur. Les efforts de réduction de coûts sont payants. L'assemblage garde sa place. Pas question de l'enterrer.

Quid de l'avenir de Forest ?

La non-communication de l'Allemagne nous joue des tours. Attendons la nouvelle direction générale pour rétablir les relations.

Il s'agit d'une lutte de tous les instants, dites-vous souvent...

Je persiste à croire que se battre pour l'industrie automobile dans notre pays vaut la peine. La preuve en est que, hors VW, les résultats 2006 du secteur progressent. Près de 706 000 véhicules sont sortis des chaînes de montage l'an dernier contre 691 000 en 2005. A Genk, Ford joue les locomotives en profitant de la nouvelle Galaxy et de la S-Max et en attendant la nouvelle Mondeo. A Gand, Volvo Cars vient de se voir confirmer l'assemblage de la future XC60 en 2008. A Anvers, GM assemble toutes les variantes de l'Astra pour les marques Opel en Europe, Vauxhall en Grande-Bretagne, etc.

Le secteur se sent-il suffisamment soutenu ?

Il se félicite des avancées obtenues par la "task force automobile" où collaborent le secteur, le gouvernement fédéral et le gouvernement flamand. Des accords ont déjà été obtenus sur la réduction des charges pour le travail en équipe et le travail de nuit. La loi-programme inclut des mesures de flexibilité, le "plus minus conto". Ces mesures réfléchies permettent à nos assembleurs de mieux résister à la concurrence.

Il n'est pas au bout de ses peines...

Toute avancée est temporaire. Les usines d'un même groupe sont en lutte permanente pour décrocher de nouveaux modèles à assembler. Ceux-ci vont aux unités les plus intéressantes. Un groupe comme Ford dispose de 48 usines dans le monde. Le choix est large.

Si les coûts sont sous contrôle, qu'en est-il de la fiscalité ?

Les assembleurs installés en Belgique sont soumis à des taxes qui n'existent nulle part ailleurs. En Flandre, ils doivent notamment s'acquitter d'un précompte sur le matériel et l'outillage sans parler de la taxe sur la force motrice. Il faut savoir ce qu'on veut. Les pouvoirs locaux doivent se financer, soit, mais la pression fiscale ruine une partie des efforts consentis par ailleurs en faveur du secteur.

Quid sur le front de l'emploi ?

En faisant abstraction de VW, la bonne performance du secteur cette année se traduit par une stabilisation de l'emploi chez les trois autres assembleurs. Ils employaient l'an dernier un peu plus de 16 000 personnes. Les investissements ont un peu reculé compte tenu des réalisations de 2005. La bonne tenue de l'automobile est à mettre au crédit de Ford qui a assemblé 57 000 voitures de plus en 2006 qu'en 2005. Pour 2007, la question du niveau de production et de l'emploi chez VW Forest se pose toujours. Ford et Volvo tablent sur une hausse du nombre de voitures produites et un quasi-maintien du nombre de leurs travailleurs. Volvo table encore sur une hausse sensible de ses investissements cette année.

© La Libre Belgique 2007